6746.- Savez-vous que...: Octobre 2005
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Note de Haiti-Référence:


L'Indépendance d'Haïti se retrouva compromise le jour où les autres nations commencèrent à s'immiscer dans nos affaires et nous imposer leurs diktats. Ironie du sort, la France, qui fut vaincue et ne s'est jamais résignée à la perte de sa plus riche colonie, en fut la première, et ce sur l'invitation même des leaders Haïtiens dont le général Alexandre Pétion, qui entama avec des émissaires du roi Louis XVIII (1), une première ronde de négociations en vue de la reconnaissance de l'Indépendance..

Peu de temps après la publication des amendements à la Constitution du 27 décembre 1806, le vicomte De Fontanges et Esmangart, émissaires du roi de France, lors une intense correspondance avec Pétion, s'arrogèrent le droit de critiquer, des articles de ce document, "Magna Carta " de la République,

  1. en arguant, entre autres, qu'ils affectèrent l'autorité du roi de France et constituèrent un acte d'hostilité contre l'Europe,
  2. en assimilant la guerre de l'Indépendance(2) à une "guerre civile" dues aux nombreuses aberrations de la Révolution de 1789 et un grand danger dans lequel se sont précipités les anciens esclaves de Saint Domingue et les affranchis,
  3. et en considérant comme non avenues toutes les dispositions légales prises depuis l'indépendance, dont celles portant en elles «les germes de notre propre destruction», et celles plaçant le «pays au rang des nations barbaresques».

Pas une seule fois, dans cette longue lettre, le mot Haïti ou Hayti n'est mentionné pour désigner un pays indépendant et souverain, au contraire les auteurs de la lettre ;continuèrent à désigner l'île par son appellation coloniale de Saint-Domingue.

En nous préparant à commémorer le 199º anniversaire de l'odieux assassinat de Jean-Jacques Dessalines, en tenant compte de la situation actuelle d'Haiti, et en nous rappelant surtout le sabotage de la célébration du bicentenaire de notre indépendance, nous publions, pour votre édification, la lettre des commissaires, qui se présente beaucoup plus comme une apologie au roi de France, une admonition aux Haïtiens pour avoir oser l'inimaginable, que comme un document diplomatique. Elle est suivie par la réponse du général d'Alexandre Pétion.

Lettre de De Fontanges et Esmangart à Pétion

Port-au-Prince, le 30 Octobre 1816

Nous avons reçu le 27, la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire le 25 de ce mois.(3)

La France, comme Saint-Domingue, a éprouvé des réactions. Les partis qui se sont succédé (sic), tour à tour vainqueurs et vaincus, ont exercé, comme cela arrive dans toutes les guerres civiles, des vengeances et représailles également blâmables de part et d'autre; mais aucun parti, quand le retour de Sa Majesté a fait cesser tous ces désordres, n'a imaginé d'opposer au roi les fautes, les injustices du parti qu'il avait combattu, et de s'en faire un titre pour méconnaître l'autorité royale de ses droits. Chacun au contraire, instruit par l'expérience, est demeuré convaincu que la vérité seule et la légitimité pouvaient mettre fin aux dissensions violentes et à toutes les ambitions qui, depuis 25 ans, avaient rendu la France si malheureuse. tout ce qui avait été fait dans l'intérêt d'un parti contre l'autre, les lois, les règlements, tout est demeuré comme non avenu. parce que cela n'était que des dispositions préservatives, que les partis croyaient nécessaires contre le parti qu'ils avaient à combattre. Mais l'autorité souveraine et légitime, reprenant l'exercice de ses droits, ces mesures de précautions, et pour ainsi dire de défense des différents partis, devenaient inutiles. Leurs lois se sont abrogées par le fait; il n'en est resté que ce que le Roi, dans sa sagesse, a cru devoir conserver; tout le reste a cessé d'être obligatoire pour ceux mêmes qui les avaient jurées, parce que l'effet devait cesser avec la cause. Maintenir ces lois, ces règlements en vigueur, c'eût été commettre une hostilité après la paix.

Sa majesté pourtant a bien senti que 25 ans de révolution avaient changé les moeurs, les habitudes, même les pensées du peuple. elle a légitimé tout ce qui pouvait l'être; elle nous a donné des lois calculées sur notre caractère nouveau, et elle a ainsi rendu le repos à toutes les familles.

La sollicitude du Roi a été la même pour Saint-Domingue. Nos lettres précédentes, Général, vous l'ont assez fait connaître; mais le Roi ne peut faire que ce qui lui semble juste et utile pour ses peuples. Il ne doit pas consulter leurs passions, mais seulement leurs besoins; et c'est ce qui réglera, pour ce qu'il a à faire pour ce pays, comme cela lui a servi de règle pour la France.

Pour méconnaître les bienfaits du Roi et le prix de la sanction royale, sans laquelle pourtant tout ce que vous avez acquis par la révolution, en droits, en honneurs, en fortunes, en biens, en dignités, restera éternellement précaire, vous nous opposez un acte qui seul démontrerait au Roi qu'il ne peut vous abandonne à vous-mêmes, parce qu'en vous abandonnant, il vous laisserait dans le précipice horrible dans lequel une grande imprudence vous a jetés.

Quand on lit de sang froid et sans passion les premières pages de l'acte qui fait la base de vos institutions, on reconnaît bientôt, que cet acte porte avec lui le germe de votre propre destruction. Il nous suffira pour démontrer cette vérité, de vous citer seulement les trois articles suivants:

«Article 38.-Aucun blanc, qu'elle que soit sa nation, ne pourra mettre les pieds sur le territoire, à titre de maître ou de propriétaire"

'Article 39.- Sont reconnus Haytiens, les blancs qui font partie de l'armée, ceux qui exercent des fonctions civiles et ceux qui étaient admis dans la République, à la publication de la constitution du 27 décembre 1806; et nul autre à l'avenir, après la publication de la présente revision, ne pourra prétendre au même droit, ni d'être employé, ni de jouir du droit de citoyen, ni acquérir de propriété dans la République.'

'Article 44.- Tout africain, indien, et ceux issus de leur sang, nés des Colonies ou pays étrangers, qui viendraient résider dans la République, seront reconnus haytiens (sic), mais ne jouiront des droits de citoyen qu'après une année de résidence.»

Vous rétablissez par ces articles, d'une manière bien plus absolue que ne l'avait fait aucune ordonnance, la différence que la philanthropie depuis un demi-siècle s'efforçait de faire disparaître entre les couleurs. Vous commettez un acte d'hostilité envers l'Europe; vous faites scission avec elle, vous lui donnez le droit de confisquer par représailles les bien de tous ceux qui portent chez nous le nom d'haytien, de les priver du droit de succéder, et des droits politiques dont ils jouissent dans toute leur plénitude et sans distinction.

Par une bizarrerie dont on ne trouve d'exemple que dans l'histoire des révolutions, après avoir combattu pendant 25 ans pour soutenir le principe contraire, votre premier acte, votre loi fondamentale établissent la distinction qu'au prix de votre sans vous avez voulu détruire.

Si l'Europe vous jugeait par vos lois, elle serait loin de croire à votre gouvernement cette urbanité dont nous avons fait l'épreuve, et dont nous nous ferons un devoir de rendre compte.

En effet, vous renoncez à toutes les nations civilisées pour adopter exclusivement, comme seules habiles à former société avec vous, d'une part les puissances barbaresques dont l'Europe réclame dans ce moment la répression; et ensuite les nations chez lesquelles le mot de civilisation n'a pas même encore pénétré. Si les philanthropes, qui ne sont pas non plus exempts de la prescription que vous prononcez contre la couleur, se récrient néanmoins contre les représailles que l'Europe pourrait se permettre d'exercer, on pourra leur répondre avec votre Constitution: le principe aura été rétabli par vous; quel droit aurez-vous donc de vous plaindre?

Telle est cependant, Général, la chose que vous demandez au Roi de vouloir bien reconnaître. Le peut-il sans manquer à ce qu'il se doit à lui-même, à ce qu'il doit à ses peuples, à ce qu'il doit aux autres puissances; le peut-il même dans votre propre intérêt?

Il est dans le coeur du Roi, nous vous le répétons, Général, de faire pour le pays tout ce qui est compatible avec la dignité de sa couronne et l'intérêt de ses peuples. Il ne veut que ce qui peut fixer d'une manière solide le bonheur des habitants actuels de Saint Domingue; nous vous avons demandé de nous indiquer les moyens qui pourraient l'assurer, nous vous le demandons encore. Jugez vous-même, Général, d'après les observations que nous venons de vous faire, si ce que vous nous indiquez peut atteindre le but que le Roi se propose.

Vous n'ignorez pas que, comme il est pour les peuples des devoirs à remplir envers les Rois, il est aussi pour les Rois des obligations à remplir envers les peuples. Les Rois ne peuvent les abandonner, même dans leurs erreurs, ni dans leurs infortunes. Plus le danger dans lequel il se sont précipités est grand, plus ils doivent s'empresser de venir à leur secours. Sa majesté, plus qu'aucun Roi ne l'a jamais fait, vient de donner au monde entier une preuve de cette sollicitude paternelle qui aura dû, dans ce pays comme en France, lui ramener tous les coeurs.

Quant à nous qui sommes investis de sa confiance, nous sommes convaincus que ce serait vous plonger davantage dans le précipice et abuser de nos pouvoirs que de prendre sur nous de consentir sans restriction à ce que vous nous demandez, dans ce moment surtout où les passions chez vous parlent si haut.

Nous ne répondons pas par des récriminations aux reproches que vous faites de nouveau à la France. Sans doute la France a commis de grandes erreurs, elle est surtout coupable envers son Roi. Comme toutes les nations en effervescence, elle a été le théâtre de grands excès, mais ses erreurs, ses fautes, ses crimes seront cachés pour l'histoire, dans une forêt de lauriers.

Enfin Dieu a brisé la verge qu'il avait envoyé pour nous punir, il nous rendu notre Roi, nos princes légitimes, ne songeons plus qu'à nos devoirs, ne songeons plus qu'à réparer.

Si nous ne sommes pas assez heureux pour vous convaincre, Général, ainsi que les autorités qui vous entourent, nous n'auront pas à nous reprocher de n'avoir pas mis dans cette discussion la modération toujours dans le coeur du Roi., quand il s'agit de ramener dans ses bras des enfants que de fausses et bien trompeuses théories en ont arrachés.

Recevez, Général, l'assurance de notre considération distinguée.

Les commissaires du Roi
Le Vicomte de FONTANGES
ESMANGART.

Réponse du général Alexandre Pétion

LIBERTÉ EGALITÉ

RÉPUBLIQUE D'HAYTI

Au Port-au-Prince, le 2 novembre 1816,
an XIII de l'indépendance,

Alexandre PÉTION
Président d'Hayti,

A Messieurs les Commissaires de Sa majesté Très-Chrétienne.

MESSIEURS,

Il appartenait au dix-neuvième siècle de produire des événements extraordinaires; il lui était aussi réservé d'arracher le bandeau qui empêchait la portion la plus malheureuse et la plus opprimée des hommes, de découvrir dans la plus grande charte de la nature ses droits imprescriptibles, et l'objet que Dieu s'était proposé dans la création. C'est de l'esprit dominateur des partis que la France a fait se succéder tour à tour dans cette belle contrée, que l'arche sainte de l'Indépendance d'Haïti s'est élevée du sein de l'oppression et de l'injustice.

En jurant de la maintenir, nous étions tout aussi loin de penser qu'elle affecterait l'autorité du Roi de France, que l'idée de prévoir s'il triompherait un jour des Français, et qu'il ferait valoir contre nous des titres que nos armes ont détruits: titres inutiles, que la politique invoque, que la raison réprouve, bien moins nécessaires à la dignité de sa couronne, que beaucoup d'autres privilèges que les circonstances lui ont fait abandonner, sans doute par des motifs puissants.

Nous pouvons ajouter qu'en nous resaississant de nos droits méconnus, nous ne sous sommes occupés que de notre propre sécurité; heureux d'avoir secoué le joug le plus affreux, nous n'avons désiré que de pouvoir jouir au milieu de la paix du monde, et puis les ressources de notre pays seraient illusoires, si nous ne les faisons valoir par nos bras et que nous ne pouvons les employer sans aucune influence que celle de l'esprit de famille qui nous unit, nous pourrions paraître coupables aux yeux d'une politique intéressée, lorsque nous ne le serions au tribunal de la justice et de l'équité qui légitiment nos droits.

Nous n'avons jamais craint d'être observés, et loin d'y perdre, nous ne pouvons qu'y gagner, surtout si ces observations sont faites de sang-froid et sans passion; c'est peut-être la raison qui nous a rendus autant accessibles dans une cause aussi délicate, parce nous sommes forts de nous-même, et que c'est dans un sentiment bien réfléchi que nous avons établi notre pacte social, qui est l'expression de la volonté nationale.

En me mettant sous les yeux les articles 38, 39 et 44 de nos constitutions, vous semblez nous jeter le gant, et vous éloigner de la question présente pour faire d'une cause particulière une cause générale avec toutes les puissances de l'Europe; cet appel à des gouvernements qui sont si clairvoyants, serait bien tardif, et ils n'ont pas jugé de la même manière ce que vous appelez une marque d'hostilité envers eux. Ces articles se trouvent exprimés dans l'acte de notre Indépendance, dans ceux qui l'ont suivi, dans la Constitution du 27 décembre 1806; ils ont reçu une explication plus étendue par l'article 39 de la revision, qui n'est (sic) que le même sens du vingt-septième article de la Constitution. Ils n'ont jamais cessé d'être en vigueur, et n'ont pour but que notre garantie, qui ne peut nous être disputée que par le gouvernement français, comme vous le faites aujourd'hui, lorsque les autres puissances n'y ont aucun intérêt et qu'elles ont eu des rapports constants avec nous; vous devez vous en convaincre par la présence d'un agent accrédité des Etats-Unis près la République, par l'ordre en conseil du Roi d'Angleterre, du 14 Décembre 1808. qui n'a jamais été révoqué, par les bâtiments étrangers qui sont dans nos ports où ils sont admis comme les nôtres le sont dans le leurs; vous aurez dû voir dans cette ville beaucoup d'Européens faisant le commerce et la proscription de couleur ne frapper sur aucun d'eux.

Y a-t-il réciprocité d'avantages dans les relations commerciales entre les étrangers et l'île d'Hayti? la question, je pense, est résolue. Y a-t-il incompatibilité sous le rapport des propriétés, des droits de citoyens? la réponse ne serait pas difficile.

Nous nous reposons sur la justice de notre cause, sur la pureté de nos intentions; nous ne pensons pas que l'Europe s'arme contre nous, parce que nous voulons être libres, sous la seule forme qui puisse nous assurer de l'être, et que les philanthropes qui sont l'objet de notre admiration, désapprouvent une conduite qu'ils nous auraient, sans doute, conseillée eux-mêmes. Si de tout cela on pouvait tirer des motifs d'extermination, il faudrait encore s'y résoudre; et en mettant toute sa confiance dans les mains du Maître des maîtres du monde, recevoir de lui de nouvelles forces pour se défendre; c'est notre parti, nous n'en avons pas d'autre.

L'application que vous nous faites au sujet des puissances barbaresques trouve sa réponse dans la conduite que nous avons tenue entre l'Angleterre et l'Amérique(4) pendant le cours de la guerre qu'elles viennent de soutenir, où jamais gouvernement n'a donné de preuves d'une neutralité plus exacte et de respect pour le droit des Nations; aussi il n'a jamais été question de répression de leur part.

Il est de principe avéré que l'on ne peut disputer à aucun gouvernement de se régir par ses propres lois. Louis XIV, en révoquant l'édit de Nantes, a exclu des Français au sein même de la France. Aucune puissance ne s'est immiscée dans cette affaire, et toutes ont profité, plus ou moins, des avantages que leur a procurés cette émigration.

Au Japan, à la Chine et chez d'autres nations policées, des mesures de précaution ont interdit aux étrangers jusqu'à l'entrée dans l'intérieur de leur pays, et nous voyons cependant le commerce établi et fleurir avec des peuple dont l'existence politique ne trouble pas la paix des autres nations; les exemples de cette nature ne seraient pas difficiles à citer, si nous voulions tous les rapporter.

De quelque manière que nos efforts soient jugés dans le cours de notre révolution, l'histoire ne pourra cacher que nous avons été sacrifiés et trompés, et que nos armes ont été aussi couronnées de quelques lauriers.

Si vos pouvoirs n'ont pas la latitude nécessaire pour vous permettre de traiter sur la base que j'ai eu l'honneur de vous proposer, ou que vous ne jugiez pas convenable d'en faire usage dans cette circonstance, je dois vous prévenir que je ne crois pas devoir correspondre plus longtemps avec vous sur l'objet de votre mission.

Quelque événement qui résulte, je n'aurai pas à me reprocher d'avoir négligé la plus petite occasion pour procurer la paix et le bonheur à mes concitoyens, comme je me montrerai toujours digne de leur confiance en faisant respecter leurs droits et leurs privilèges jusqu'à mon dernier soupir, sans m'écarter des principes que j'ai toujours professés.

Recevez, messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

PETION.

Source:
Chancy, Emmanuel. L'indépendance d'Haiti: Etude historique contenant des appréciations nouvelles, suivie d'états inédits des sommes versées des 1838 en exécution du traité financier du 12 février et précédé d'un préface de M. Jérémie. Paris : C Marpon et E. Flammarion, 1884; pp. 195-205


Notes:

(1) Petit-fils de Louis XV, fils du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, Louis XVIII, né Louis Stanislas Xavier de France, fut, à la révolution de 1789, comte de Provence, Il dut s'exiler en 1791 lors de la chute du roi Louis XVI. A la chute de Napoléon, la monarchie fut restaurée et Louis Stanislas devint roi de France sous le nom de Louis XVIII. Il rendit l'âme à Paris le 16 septembre 1824 et fut remplacé par son frère qui prit le nom de Charles X. Ce dernier signa l'ordonnance reconnaissant l'Indépendance d'Haiti en 1825.
(2) Voir: Histoire d'Haiti: Période Française; Histoire d'Haiti: Vers l'Indépendance.
(3) Ils répondaient à une lettre de Pétion datée plutôt du 26 octobre 1816. Prenant acte des complaintes des émissaires sur la désertion des matelot Français dans les ports de la République, Pétion les assura de l'intervention de son gouvernement pour mettre fin à cette situation.
(4) Allusion à la guerre anglo-américaine de 1812, considérée par les Américains comme la seconde guerre de l'Indépendance. Elle éclata en Juin 1812 et dura jusqu'au printemps de 1815.

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