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L’établissement
de la colonie française à Saint Domingue remonte aux
années 1630 quand des flibustiers français, ces pirates de
mer, transformèrent l’ile de la Tortue en une sorte de repaire où
ils déposaient leurs butins et d’où ils partaient pour leurs
expéditions.
Peu à peu, ces corsaires
fatigués de leurs dangereuses aventures s’établirent de façon
permanente sur l’île en vivant désormais des produits de leur chasse
qu’ils fumaient sur un grand brasier appelé boucan, d’où
le nom de boucaniers qui leur sera plus tard attribué. Certains de ces boucaniers,
se transférant sur la terre ferme, se firent sédentaires en s’adonnant
à la culture de la terre. Non commandités officiellement
par la France, ils s’organisèrent eux-mêmes en choisissant
des gouverneurs issus de leur rang. Cette présence française
dans la partie occidentale de l’Hispaniola (voir: Période
espagnole), alors colonie espagnole, resta officieuse jusqu’en 1664,
quand Colbert, le ministre de Louis XIV, reconnut la présence de
ses compatriotes dans l’île, entretemps rebaptisée Saint Domingue,
et faisant d’elle une colonie, l’incorpora à la Compagnie des Indes
Occidentales, cette compagnie récemment fondée par Louis
XIV (mai 1664), et qui reçut des droits exclusifs dans le domaine
de la navigation et du commerce et les territoires de l’Amérique
sur lesquels la France avait manifesté un certain intérêt. Quand Bertrand d’Ogéron,
le gouverneur nommé par la France à la suite de cette reconnaissance
et incorporation arriva dans cette colonie, il se mit immédiatement
à recenser les habitants et n’y trouva que quelques 400 hommes.
Sous son administration, la population française augmenta considérablement,
et Saint Domingue connu un développement si rapide qu’il excitait
la jalousie et l’envie des Espagnols de la partie orientale. Cette jalousie
et les rivalités entre la France et l'Espagne en Europe entraînaient
de continuelles luttes entre les ressortissants des deux puissances dans
la colonie du Nouveau-Monde. Le traité de Ryswick signé en
1697 mit fin à ces luttes, puisque l’Espagne avait reconnu le droit
d’existence de la colonie française dans la partie de l’Ouest. Entretemps le Cap
fut fondé (1670), le gouvernement colonial devint très sophistiqué
et des milliers d’esclaves d’origine africaine furent importés,
créant ainsi des rapports inégaux entre les différentes
composantes sociales de cette colonie, avec les blancs jouissant de tous
les droits et agissant en maitres absolus, les affranchis ou hommes de
couleur possédant seulement des privilèges octroyés
par les blancs, et les esclaves traités comme des objets ou des
propriétés de leurs maitres. Ces derniers assuraient à
eux seuls la rentabilité de Saint Domingue qui produisait la moitié
de la production totale de toutes les colonies françaises. Et arriva 1789, avec ses
idées révolutionnaires basées sur les principes d'égalité
et du respect des droits humains.
Sous l'influence de ses idées,
les affranchis mulâtres, d'abord commençaient par réclamer
des droits égaux avec les colons blancs. Des pochettes de révoltes
dans le Nord furent vite réprimées dans le sang avec la mise
à mort de leur chefs Vincent Ogé et Jean-Baptiste Chavannes.
Dans l'Ouest, guidés par Beauvais, ils connurent un certain succès
en sortant victorieux des colons français. Ce succès et les
idées révolutionnaires qui circulaient à Saint Domingue
encouragèrent les esclaves noirs qui, conscients de leur état,
se révoltaient à titre individuel dans le passé à
travers le marronnage,
le suicide, l'avortement, l'empoisonnement et autres ruses ou stratagèmes.
Ainsi, après une cérémonie tenue au Bois-Caiman dans
le Nord dans la nuit du 14 au 15 Août 1791 où les esclaves
participants jurèrent de "vivre libres ou de mourir", ils entreprirent
cette fois-ci une révolte générale, en prenant les
armes contre les colons. Assimilée d'abord à une lutte des
oppressés contre les oppresseurs, cette révolte ne tarda
pas à devenir un vaste mouvement de libération et d'autonomie
une fois récupérée par des hommes de talent et possédant
des qualités d'organisateur de la trempe de Toussaint Louverture,
et une lutte pour l'indépendance, quand tout d'abord la France,
essayant de refreiner la course vers l'autonomie, envoya l'expédition
de 1802 dirigée par son beau frère Charles Victor-Emmanuel
Leclerc (Voir: Savez-vous
que...
Mai 2002), et que, ensuite, les mulâtres et affranchis
comprirent que leur salut ne résidait que dans une alliance avec
les noirs, anciens esclaves.
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