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Le
22 Juillet 1795, l'Espagne qui occupait jusque là la partie orientale
de Saint Domingue (aujourd'hui, République Dominicaine), signa à
Bâle un traité avec la France. Par ce traité, Saint
Domingue , dans toute son étendue, devint une colonie française.
Toutefois, ce traité n'atténua pas l'envie des autres nations
impérialistes de l'europe sur l'ile. La France, prise dans l'engrenage
des guerres en Europe, n'avait pas assez de troupes coloniales pour défendre
et dût se remettre aux leaders noirs et mulâtres pour défendre
sa chère colonie.
Après la débâcle
insurrectionnelle du trio Boukman, Jean-François et Biassou, Toussaint
Louverture fut propulsé au devant de la scène militaire d'abord
et politique ensuite. En Juillet 1801, après la proclamation de
sa constitution, il devint donc le gouverneur de Saint-Domingue,et
qui suscita des appréhensions chez Bonaparte, alors Premier Consul
de France, appréhensions alimentés par des rumeurs faisant
de Toussaint, un séparatiste. Toussaint Louverture, en fait, avait
"inventé une forme constitutionnelle nouvelle, qui n'était ni
l'État fédéral, ni l'État confédéré,
mais l'État associé, dont on parlera beaucoup plus tard dans
d'autres négociations entre colonies et métropole" (Laurent-Ropa,
Denis. Haiti:une
colonie française..., p. 264)
A côté de la
Constitution
de 1801, Toussaint réorganisa toute l'administration. Il établit
des écoles, établit des bourses d'études à
l'intention des jeunes de la colonie, forma une armée stable, promulgua
un code rural.
En France, Cependant, Napoléon,
après avoir conquéri la majeure partie de L'Europe, se retourna
vers la Saint Domingue avec l'intention de rétablir l'esclavage
et déporter les chefs noirs. Il envoya donc une armée de
22,000 hommes sur 76 vaisseaux, sous les ordres de son beau-frère,
le général Victor-Emmanuel Leclerc.
Le 1er. février 1802,
cette flotte arriva devant le Cap et Leclerc somma Henri Christophe qui
commandait le Nord, de lui livrer la ville dans les 24 heures. Ce dernier
préféra donc réduire la ville en cendres plutôt
de la livrer aux forces expéditionnaires. qui menèrent une
attaque touts azimuts. Malgré la défense héroïque
des noirs sous la conduite de Christophe, de Dessalines, de Lamartinière,
de Maurepas, de Magny, les Français se rendirent maitre de Saint
Domingue point par point. Ainsi, la première tentative d'indépendance
échoua, et Leclerc profita de cet échec pour décapiter l'armée
coloniale de son chef. En effet, Toussaint qui s'était retiré
sur son habitation à Ennery (Département
de l'Artibonite), fut attiré dans un guet-apens. Arrêté,
il fut embarqué pour la France où on l'enferma au Fort-de-Joux, dans les montagnes du Jura. Il y mourut le 7
avril 1803 .
La cruauté de Leclerc
et sa tentative de rétablissement de l'esclavage suscitèrent
l’opposition des noirs de Saint Domingue qui avaient commencé à
manifester une certaine soumission aux troupes françaises; opposition
conduisant à une résistance active pratiquée à
travers la guerilla d’abord, et une guerre conventionnelle sans merci ensuite,
quand les affranchis mulâtres se rallièrent à la cause
des noirs et entrèrent dans une alliance avec eux pour la libération.
A travers des harcèlements sans répit, des embuscades
en cascade, de longs sièges et aidés par une épidémie
de fièvre jaune qui emporta, entre autres, le chef de l’expédition,
le général Leclerc, les Haitiens finirent par forcer la capitulation
des Français après l'éclatement victoire de la Crête
à Pierrot. Rochambeau, qui avait succédé à
Leclerc, capitula alors et s’embarqua pour la France.
Les esclaves d’hier et les
affranchis mulâtres qui subissaient les vexations des colons, venaient
de réaliser une geste héroïque jusque là impensable
et inédite, et jusqu’ici jamais égalée dans l’histoire
de l’humanité, mettant fin à une histoire des plus amères;
histoire qui suscite, quand évoquée par les arrières-petit-fils
de ces anciens esclaves, des sentiments de révolte, d'indignation,
mais aussi de fierté.
Pour rendre officielle la
victoire et fêter avec pompe l'indépendance, Dessalines convoqua
une assemblée. Boisrond Tonnerre fut chargé de rédiger
l'Acte
de l'Indépendance. Les cérémonies accompagnant
la proclamation de l'indépendance se déroulèrent à
Gonaïves
le 1er. janvier 1804.
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