6720.- Histoire: Savez-vous que... : 2002
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Décembre 2002

    Alors que le gouvernement du président Jean-Pierre Boyer se lançait dans une exténuante négociation avec la France, en vue de la reconnaissance de l’Indépendance, une indépendance acquise aux prix du sang de nos pères, l'Espagne, elle aussi, par l'intermédiaire de son émissaire, Don Felipe Fernandez de Castro, alors intendant de Cuba, se mit à réclamer des dommages et réparations pour la perte de la partie de l’est, "revendiquée comme partie intégrante de ses domaines".

    Le gouvernement d’alors a pu lui tenir tête, lui rappelant le Traité de Bâle signé en 1795 entre la France et l'Espagne et par laquelle, cette dernière céda la partie orientale de l'ile qui devint, dans son intégralité, une colonie française.

    L'émissaire qui ne trouvait aucun argument valable pour s'opposer diplomatiquement aux Haitiens dut se retirer à Cuba tout en menaçant d’entreprendre des actions militaires contre la nouvelle nation.

    Le gouvernement haitien ne céda donc pas à ce premier chantage. Malheureusement, d'autres nations inventeront toutes sortes de prétextes pour extorquer Haiti depuis lors. La démonstration de force de l'escadron de Gutiérrez de Rubalcava  dans la rade de Port-au-Prince en 1861, l'affaire Luders en 1897, l'attaque du navire allemand "Le Panthère" contre le bateau haitien " La Crête à Pierrot", dans la baie des Gonaïves en 1902, forçant l'amiral Killick à sauter ce dernier plutôt que de se rendre, ne furent que quelques exemples de ces audacieuses extorsions.

    Source:

    • Coradin, Jean D.  Histoire diplomatique d’Haiti 1804-1843. Tome premier : la reconnaissance de l’Indépendance. Port-au-Prince : Editions des Antilles, 1988, pp. 238-240.

Novembre 2002  Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    En Haiti, le  premier mouvement d’opposition organisé remonte à Septembre 1842 quand quelques citoyens du Sud publièrent un manifeste critiquant le gouvernement de Jean-Pierre Boyer. Les auteurs de ce mouvement d’opposition se disaient agir au nom du peuple "trompé par la machination de ses affaires" et vivant une situation désastreuse dues aux "mesures arbitraires et révoltantes » du gouvernement vieux de vingt-quatre ans qui se donna pour mission de « détruire les nobles travaux des aieux".

    Se proclamant les « descendants d’Ogé, de Chavannes, de Pétion, de Magny, de Geffrard, de Wagner, de David-Troy, de Juan-Sanchez » fondateurs de l’Independance (à noter, en passant qu’ils n’ont cité aucun des anciens esclaves  noirs qui ont fait 1804), ils fondèrent quelques mois plus tard une association dénommée « Société des Droits de l’Homme et du Citoyen » et s’attaquèrent directement à deux institutions de la Constitution de 1816: le Sénat parce qu'il enlevait "au peuple sa souveraineté"  en s’attribuant des prérogatives revenant de droit à ce dernier, et la présidence à vie, jugée incompatible avec la démocratie, un  "droit divin". Ils pronèrent en même temps le renversement du président Boyer et l’institution d’un gouvernement provisoire. Ce dernier démissionna le 10 Mars 1843 et partit pour la Jamaique (13 Mars 1843).

    L’un des officiers, de la Société des Droits de l’homme et du Citoyen, Charles Rivière Hérard, devint le président provisoire d’Haiti, le premier d’une longue liste de chefs d’état provisoires. Il fut lui-même victime du premier coup d’état orchestré en Haiti quand, se trouvant en campagne dans la partie orientale, qui venait de proclamer son indépendance (27 Février 1844), un groupe de notables de Port-au-Prince le destitua de ses fonctions. Il fut donc le deuxième chef-d’état haitien à s’exiler (2 Juin 1844).

    Sources:

    • Appel à mos amis et à nos ennemis. Pamplet publié en 1842. Lieu et maison d’éducation inconnus.
    • Bellegarde, Dantès. La nation haitienne. Paris: J. de Gigord, 1938.

 

Octobre 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Après le drame du Pont Rouge (Voir: dates historiques -17 Octobre), on a vainement essayer d'effacer de la conscience collective du nouveau peuple haitien la mémoire de Jean Jacques Dessalines (1758-1806). Il parait que tacitement, interdiction était faite de vénérer publiquement sa mémoire, et même de prononcer son nom. 

    Cette situation, historiquement navrante, dura près de 37 ans. Il a fallu, en effet, attendre 1843 pour voir de timides gestes de reconnaissance venir du gouvernement de Rivière Hérard (1843-1844) à travers la proclamation du 21 Août 1843 et le discours prononcé le 1er Janvier 1844 où il rendit hommage à "celui à qui nous devons cette terre". 

    Les controverses autour de la figure de proue de l'indépendance haitienne continuèrent même après ces gestes, à tel point que Lysius Salomon , futur président d'Haiti (1879-1888), souleva tout un tollé parmi l'élite de la métropole du Sud quand, le 17 Octobre 1845, il invoqua son nom en des termes élogieux en l'église paroissiale des Cayes (Voir:  Haiti, history and the gods, p. 27).  Et Fabre Geffrard, alors président d'Haiti (1859-1867), aurait déclaré au consul français qui protesta contre le projet d'un monument à la mémoire de "celui qui massacra des Français":  "Comme citoyen, je contribuerai à l'érection d'un monument à Dessalines, mais [mon gouvernement] ne doit y prendre aucune part". (From Dessalines to Duvalier, p. 26 et p. 229, note 116).  Le processus de rehabilitation de Jean Jacques Dessalines ne deviendra une préoccupation nationale qu’à l’approche du centenaire de l’indépendance d’Haiti.

    Comme le drame du Pont Rouge, le bannissement posthume de Dessalines et la flagellation de sa mémoire furent motivés non par un certain dégout devant les actes posés par l'Empereur, comme ont voulu nous faire croire certains historiens haitiens des premières heures,  mais par le refus d'un groupe d'hommes influents qui refusèrent d'admettre que des anciens esclaves originaires d'Afrique puissent se trouver aux timons des affaires de l'Etat dans la nouvelle Haiti, et par la griserie des leaders du XIXè siècle qui, "pour conserver de précaires avantages transigèrent avec le devoir et l'honneur". (Voir: Six études sur Dessalines, p. 141)

Septembre 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Haiti a toujours été une terre de conflits et de dissensions. Tous ponctués d?horreurs ou s?accompagnant de cruautés froides et de lamentables destructions. Les motivations varient avec l?époque.

    Par exemple :

    Tout au début de la colonisation, les conquistadores Espagnols, par cupidité, attaquèrent, réduisirent en esclavage et exterminèrent les premiers habitants de l'île.

    Français, Espagnols et Anglais s'y livrèrent des guerres sans merci pour l'hégémonie et la suprématie.

    Durant la colonie francaise, et ce, jusqu'à l'indépendance, Saint Domingue connut cinq types de conflits :

    1. Conflits alimentés par des divergences de classes et des luttes d?influence : Grands blancs contre petits blancs, grands producteurs contre petits artisans.
    2. Conflits idéologiques nés des sequelles importés de la Révolution française : royalistes contre républicains.
    3. Conflits alimentés par des élucubrations racistes: colons blancs contre mulâtres.
    4. Conflits alimentés par des intérêts mesquins : Noirs contre mulâtres.
    5. Conflits débutant par un certain antagonisme larvé et se transformant en luttes pour la survie, la dignité et finalement pour l?indépendance : Esclaves noirs et noirs libres contre les colons blancs d?abord et contre les forces expéditionnaires de Bonaparte ensuite.
    Après 1804, certains intérêts mesquins mis en veilleuse durant la marche vers l'indépendance se réveillèrent engendrant des passions incontrôlables. Les dissensions sociales et idéologiques, qui devaient être purement rhétoriques ou rester au niveau des compétitions politiques, finirent toujours par se transformer en insurrections sanglantes ou en pseudo-révolutions, fauchant des citoyens ardents et patriotes.

    Aujourd'hui, les conflits sociaux et politiques ouverts et manifestes sont moins légions que ceux qui se déroulent dans les coulisses.

    Haiti a toujours été une terre de conflits et de dissensions, mais rien ne dit qu'elle doit en rester une!

  Juillet 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    L'un des premiers objectifs du général Leclerc, chef de l'expédition française (Février 1802 - Novembre 1803), fut d'éliminer Toussaint Louverture. Pour y arriver, il utilisera la flatterie,  la tromperie et autres bassesses. A Henri Christophe, il écrira, par exemple ce qui suit: "Vous pouvez ajouter foi, citoyen général, à tout ce que le citoyen Vilton vous a écrit de la part du général Hardy. Je tiendrai les promesses qui vous ont été faites; mais si vous avez intention (sic) de vous soumettre à la République, songez qu'un grand service que vous pouvez lui rendre, serait de nous fournir les moyens de nous assurer de la personne de Toussaint Louverture" (Ecrit de son quartier général au Cap le 29 Germinal, An 10. In: Histoire de la catastrophe de Saint-Domingue... p. 112.Aussi In:  Haytian papers.... p. 9  pour la traduction anglaise) Henri Christophe lui répondra: "Vous me proposez, citoyen général, de vous fournir les moyen de vous assurer du général Toussaint-Louverture (sic); ce serait de ma part une perfidie, une trahison, et cette proposition, dégradante pour moi, est à mes yeux une marque de l'invincible répugnance que vous éprouvez à me croire suscceptible des moindres sentiments de délicatesse et d'honneur. Il est mon chef et mon ami. L'amitié, citoyen général, est-elle compatible avec une aussi monstrueuse lâcheté?" (Ecrit de Robillard, Grand Boucan le 2 Floral, An 10. In: Histoire de la catastrophe de Saint-Domingue... p. 110. Aussi In: Haytian papers.... pp. 10-11  pour la traduction anglaise) Le général Brunet, finalement l'attirera dans un guet apens (Voir: 6 Juin 1802). Toussaint, arrêté sera expédié en France où il  finira ses jours dans les cachots froids et humides du Fort de Joux,  le 7 Avril 1803. De là s'ensuivra une longue chaine de déportations.  (Voir: Les Déportés de Saint-Domingue)


Juin 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    L’histoire d’Haiti de 1804 à 1915 ne fut qu’une interminable lutte contre la ré-colonisation , le protectorat, l’annexion et l’occupation. Le peuple haitien eut à combattre des plénipotentiaires chargés de missions camouflées, des ressortissants étrangers qui, après avoir pris résidence en Haiti, ont accumulé scandaleusement des richesses en exploitant le blocus dressé contre la nouvelle nation, tout en oeuvrant secrètement comme agents de leurs propres nations.

    En 1895, un visiteur constata ce fait et écrivit ce qui suit:
    "On a reproché souvent à ce peuple si doux ses emballements irréfléchis au changement de gouvernement, et c’est avec juste raison que l’on a pu dire que ses incartades, inutiles toujours, meurtrières parfois, faisaient le plus grand mal à son crédit en Europe.'

    'Haiti, pas plus que les autres Républiques de l’Amérique Centrale, n’est entièrement responsable de cet état de choses; les étrangers ... qui ne représentent pas toujours l’élite de leur nationalité respective, ont le grand défaut de s’occuper de politique dans ces jeunes pays, de s’immiscer dans les affaires du gouvernement, de faire des conspirations une carrière et d’organiser les révolutions en syndicat. Celui-ci fournit des capitaux, celui-là les armes..." (Vibert, Paul. La République d’Haiti : son présent, son avenir économique. Paris : Berger-Levrault et Cie, 1895, p. 16).

    Quelques dix ans plus tôt, Louis Joseph Janvier avait  invité «vivement les trafiquants étrangers qui habitent Haiti à respecter la nation qui leur donne l’hospitalité, à ne pas se moquer d’elle. » (Les affaires d’Haiti : 1883-1884. 2ème édition. Port-au-Prince : Les Editions Panorama, 188?, p. 228).

    1915 retrouva ce peuple à bout de souffle... Et l'occupation dura 19 ans (1915-1934)  laissant, à ce jour, de manifestes cicatrices.


Mai 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Bien des membres de l'armée de Napoléon Bonparte  furent contre l'expédition de Saint-Domingue devant être dirigée par le général Leclerc, beau-frère du Premier Consul. Il pensaient qu'une expédition serait trop couteuse et qu'il serait beaucoup plus facile et dans l'intérêt de la France de négocier avec Toussaint Louverture qui, à leurs yeux, possédaient toutes les qualités d'un chef et d'un organisateur, et la personne tout à fait désignée pour commander, au nom de la métropole, la perle des colonies.

    Napoléon ne voulut point entendre ces genres d'opinions et éconduisit ces fauteurs du nouvel ordre saint-domingois, préférant ainsi suivre l'avis des vieux colons réfugiés à Paris qui ne pouvaient se faire à l'idée qu'un blanc put traiter avec un noir. Ils lui faisaient comprendre que Toussaint, alors gouverneur général, se fera bientôt proclamer chef suprême d'un Saint-Domingue indépendant,ce qui serait une perte que la France ne pouvait se permettre.

    L'expédition punitive partit le 14 Décembre 1801de plusieurs ports français, et le 4 février 1802,  une partie de la flotte de Leclerc se retrouva dans la rade du Cap. Il ne débarqua que dans une ville réduite en cendres. Henri Christophe, en effet, incendia la ville au lieu de la livrer aux forces expéditionnaires.

    Source

    • Lemonnier-Delafosse, Jean Baptiste. Seconde campagne de Saint-Domingue du 1er décembre 1803 au 15 juillet 1809; précédée de souvenirs historiques et succincts de la première... Havre: Imprimerie de H. Brindeau & compie, 1846.


Avril 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Le premier parti politique haitien fit son apparition en 1870 avec la fondation du Parti Libéral animé par Jean-Pierre Boyer Bazelais et Edmond Paul, adversaires de l’élite politique traditionnelle qui se confondait avec la hiérarchie militaire. Ce parti,  composé majoritairement de mulâtres,  prônait un gouvernement représentative de type parlementaire dirigé par les «plus capables ».  Disposant d’une majorité absolue au parlement immédiatement après sa fondation, ses membres se laissèrent aller à des actions abusives en acculant continuellement le pouvoir exécutif. Ils finirent par perdre leur crédibilité auprès de l’électorat., ce qui les exposa aux abus et exactions de leurs rivaux et adversaires. Finalement, le Parti Libéral se scinda et la faction rivale accéda au pouvoir avec le président Boisrond Canal (17 Juillet 1876 - 17 Juillet 1879).

    Tout de suite après la formation du Parti Libéral, prit naissance un parti rival dénommé Parti National. Les élections de 1879 virent le triomphe de ce parti dont les membres prônaient un gouvernement formé la majorité ethnique.

    Pendant une douzaine d’années, libéraux et nationaux s’affrontèrent de façon meutrière dans l’arène politique haitienne et, épuisés, finirent par se supprimer en 1883.

    Il aura fallu attendre 1930 pour voir apparaitre une autre formation politique ayant un semblant de parti politique,  L’Union Patriotique Haitienne fondée par Georges Sylvain avec un directoire composé de Pauléus Sannon, Sténio Vincent et Jean-Price Mars.

    Sources


Mars 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Après la proclamation de l’indépendence d’Haiti, les anciens colons francais se constituèrent en France en une association dénommée la “Société Libre des Anciens Colons de Saint Domingue”. Le but de cette société, dans un premier temps, fut de réconquerir par tous les moyens possibles, l’ancienne possession française. Devenant, avec le temps, un  peu plus réalistes, ils finiront par opter pour une demande d’idemnisation. Dans une lettre manuscripte datée du 25 Mai 1834 de Paris, les membres de cette société, après avoir tracé le processus de colonisation de Saint Domingue par les Français, assimilèrent l’esclavage des noirs à une de jure institution qui apportait des profits “par la culture aux maitres acquéreurs de bonne foi”, à l’état [français] “au moyen de monopoles”, aux propriétaires des bateaux négriers “par des primes”.

    [La lettre manuscripte intitulée “Appel aux electeurs à l’occasion de l’affaire de Saint Domingue” fait partie des manuscritps appartenant à la Bibliothèque Municipale de Boston]


  Février 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Au temps de la scission du Nord et de l’Ouest, Alexandre Pétion, président de l'Ouest verra dans le couronnement d'Henri Christophe comme roi de l'empire du Nord une occasion pour diaboliser ce dernier et le dénigrer au yeux des étrangers en visite d'affaires à Port-au-Prince.

    En effet, Pétion et ses partisans assimilèrent ce couronnement à une usurpation de pouvoir et une preuve additionnelle que celui qui s’auto-proclamait le successeur légitime de Dessalines, serait plutôt l'émule de ce dernier en cruauté et tyrannie, et éventuellement rencontrerait le même sort. (Voir: W.W. Harley, Sketches of Haiti from the expulsion of the French to the death of Christophe. London: L. B. Seeley and son, 1827, pp. 118-119).

    On se souvient que Dessalines tomba dans une embuscade dressée par des proches de Pétion avec la complicité tacite d'Henri Christophe, le 17 Octobre 1806.


Janvier 2002 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Le premier roman haitien, Stella,  parut à Paris en 1859, et fut une oeuvre posthume d'Émeric Bergeaud.  Émeric Bergeaud né aux Cayes en 1818 mourut en exil à Saint Thomas le 23 Février 1858.

    Stella est un roman décrivant l'histoire allégorique de Marie, esclave de Saint Domingue, et de ses deux fils, à travers les grands événements devant aboutir à notre Indépendance.

    Sources: 

    • Rey, Ghislaine. Anthologie du roman haitien de 1859 à 1946. Sherbrooke (Québec) : Editions Naaman, 1982; pp. 12, 18-22;
    • Hoffman, Léon-Francois. Haiti: lettres et l'être. "Collection Liens dits No. 1". Toronto: Editions du GREF, 1992; pp. 147-165.

 

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Page créée le 31 Janvier, 2002
Dernière mise à jour: 23 Février, 2004
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