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Courtoisie de X-Recherche
6730.- Histoire: Savez-vous que... : 2003
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Novembre 2003 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Les Haitiens ont fait 1804 sans le concours d'aucune puissance étrangère de l'époque. Ces dernières n'avaient d'ailleurs aucun intérêt à venir en aide à d'anciens esclaves ou d'affranchis qui non seulement remettaient en question le système sur lequel reposait leur économie et ébranlaient les thèses racistes de l'époque, mais aussi et surtout voulaient se défaire entièrement d'un gouvernement colonial, modèle de tous les gouvernements coloniaux du début du 19ème siècle, et prendre en main leur propre destinée.

    Les Haitiens ont fait 1804, parce qu'ils avaient compris que les enjeux de leurs actions étaient trop importants pour ne pas réussir. Tout échec conduirait inexorablement à leur annihilation ontologique, et que pour réussir l'union de ceux et celles qui aspiraient à la liberté, au delà des barrières épidermiques et économiques, s'avérait indispensable.

    Ils se sont unis. Audacieux et astucieux, ils en sont sortis victorieux!!!

    Depuis lors, les rares grandes gestes historiques ne furent possibles que quand les fils et filles de ce pays prirent la peine de s'unir ou se laissèrent imprégner des idéaux de Dessalines, de Christophe, de Pétion. De nombreuses catastrophes survinrent quand ils ont refusé de s'asseoir autour d'une même table, compromettant plus d'une fois cette indépendance chèrement acquise.

    A quelques jours du Bicentenaire de la proclamation de l'Indépendence d'Haiti, les Haitiens ont plus que jamais besoin de comprendre que les puissances d'aujourd'hui n'ont aucun intérêt à vraiment voler à leur secours. Les intérêts nationaux passent avant toute action philantropique ou geste humanitaire. Certaines profitent même de la misère du pays pour réveiller certaines hibernantes thèses racistes; à d'autres, sa situation politique confuse et sa désastreuse économie permettent de mieux tirer les ficelles de la diplomatie et de faire chanter ses politiciens et son élite.

    Avant toute grandiose célébration du Bicentenaire de l'Indépendance, les Haitiens de toutes les couches sociales et idéologies ont vraiment besoin de reparcourir les étapes conduisant à 1804, et de faire de l'année 2004, une ré-édition politique de cette inédite épopée. Les enjeux sont tout aussi importants.

Octobre 2003 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Le premier voyage sans escale entre les Etats-Unis et Haiti fut effectué par le "Columbia", un monomoteur conçu par un Italien émigré aux Etats-Unis, Guiseppe M. Bellanca, et le deuxième avion, après le "Spirit of Saint Louis" (voir ci-dessous note) à traverser l'Atlantic.

    Parti de New York le Samedi 10 Juin 1933, l'avion piloté par le Canadien Errol Boyd et transportant à son bord deux passagers: les sieurs R. Lyon et H.P. Davis, devait atteindre Port-au-Prince le lendemain; des intempéries cependant l'obligèrent à attérir à Saint Marc (Département de l'Artibonite). Pilote et passagers durent attendre un temps plus clément pour reprendre le voyage vers Port-au-Prince, où ils furent reçus en héros par le président Vincent qui les décorait de l'Ordre National Honneur et Mérite, et par les membres de la municipalité de la capitale.

    Le président Sténio Vincent et le magistrat de Port-au-Prince, F. Duvignand, furent invités à prendre place à bord de l'avion pour un bref survol de la capitale.

    Le Columbia, rebaptisé plus tard "Maple Leaf",  fut détruit  le 25 Janvier 1934 à la suite d'un incendie dans l'usine Bellanca située alors à Wilmington dans l'État de Delaware, Etats-Unis d'Amérique.

    Note :
      Le "Spirit of Saint Louis", piloté par Charles A. Lindberg (1902-1974), fut le premier avion à relier New York à Paris durant une traversée qui dura 2 jours (20-21 mai 1927). En Haiti, certains résident de Port-au-Prince eurent le plaisir et l'honneur de le contempler quand, venant de Santo Domingo, République Dominicaine, et piloté par le fameux Lindberg, il se posa sur la piste de Chancerelles le 6 février 1928.

    Sources :

    • Corvington, Georges. Port-au-Prince au cours des ans. Volume 6 : La Capitale sous l'occupation. 1922 - 1934. Port-au-Prince : Imprimerie Henri Deschamps, 1987, pp. 166-169.
    • Lindbergh, Charles A. The Spirit of Saint Louis. New York: Charles Scribner's Sons, 1953. [En appendice, figure un journal de bord de ses différents voyages]
    • Smyth, Ross. The Lindbergh of Canada : the Erroll Boyd story. Burnstown, Ontario (Canada) : General Store Publishers, 1997.

Septembre 2003 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Au tout début du 20è siècle, on désignait, en Haiti, les pillards de la chose publique par le terme "consolidards". Quelques-uns furent soumis à une enquête, jugés et condamnés à la suite du fameux Procès de la Consolidation.

    Toutefois, ce terme disparut du vocabulaire haitien quand certains des fameux consolidards [Cincinnatus Leconte (1911-1912), Tancrède Auguste (1912-1913), Vilbrun Guillaume Sam (9 Mars 1915 - 27 Juillet 1915)] devinrent chefs du pouvoir exécutif.

    Le terme a disparu, mais les biens et les ressources de l'Etat restent une convoitise pour beaucoup de fonctionnaires et de candidats aux postes administratifs. Certains se lancent, avec une accélération frénétique dans l'accumulation de biens à travers une exploitation personnelle et maximale des ressources mises à leur disposition.

    Le terme a disparu, remplacé par d'autres, murmurés ou prononcés à haute voix selon le climat politique. Aujourd'hui, les Haitiens parlent de ces "Gros mangeurs" pour qualifier ceux et celles qui s'adonnent ou profitent de la corruption politique. Et ceux-ci se rencontrent dans toutes les couches sociales et toutes les classes politiques, ce qui entache la crédibilité du pays sur le plan international.

    Disons toutefois, que la corruption politique n'est pas uniquement un fait haitien. Les "affaires", découvertes de pratiques politiques illégales (avantages fiscaux aux supporteurs d'une administration, octrois de contrats sans appel d'offre aux amis, trafics d'influence, financements occultes de partis politiques, emplois fictifs, détournement de fonds), polluent les journaux des vieilles démocraties et des nations tutélaires.

    Sources :

    • Jolibois, Gerard. L'Exécution des frères Coicou. Port-au-prince: Imprimerie Le Natal, 1996; pp. 15-16.
    • Gédéon, G. Procès de la consolidation. Port-au-Prince, Imprimerie Edmond Chenet, 1909.
    • Terlonge, Windsor. L'affaire du dock de Bizoton. Port-au-Prince : Imprimerie de l'Abeille, 1909.

Mars-Août 2003 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Le premier chef d'état Haitien de doublure¹ fut Charles Rivière Hérard (31 Décembre 1843 - 3 Mai 1844). Cet officier possédait pourtant bien des atous pour être un chef exécutif responsable. Jeune (il n'était agé que de quarante ans quand il arriva au pouvoir), ayant été l'un des instigateurs de la révolte de Praslin, Rivière Hérard préféra laisser la direction des affaires de l'état à son cousin Hérard Dumesle², également membre du directoire de Praslin et ancien membre du gouvernement provisoire après le départ du président Jean-Pierre Boyer (voir: 13 Mars 1843).

    Hérard Dumesle fut l'un des notables expulsés à la fin de la présidence de ce dernier. Toutefois, une fois au pouvoir, il oublia vite les principes qui semblaient, jusque là guider sa vie politique en se montrant extrêmement intolérant envers ses critiques et en gaspillant le trésor public.

    L'enthousiame que Rivière Hérard et Hérard Dumesle avaient suscité en tant que révolutionnaires s'effritta rapidement et se dégénéra même en résistance populaire. Dans la partie de l'Est, leurs bavures firent bien des mécontents, et le mécontentement donna lieu à la séparation et à la formation d'un nouvel état: la République Dominicaine

     Rivière Hérard fut renversé du pouvoir par la Garde nationale de Port-au-Prince qui proclama le général Guerrier Président d'Haiti.

    Notes :

      ¹ "De la chute de Rivière Hérard à l'avènement de Soulouque, une politique étrangère prévalut en notre pays: appelée 'politique de doublure'. Elle consistait à porter au pouvoir un noir des plus ignorants pour diriger le pays en son nom". (Dorsinvil, Jean-Claude. Manuel d'histoire d'Haiti, p. 253)

      ² Hérard Dumesle publia en 1824 cet ouvrage de 392 pages: Voyage dans le nord d'Hayti; ou, Révélation des lieux et des monuments historiques. Aux Cayes: Imprimerie du Gouvernement.

Janvier-Février 2003 Image signalant le début de la page. Courtoisie webgraphique.com

    Avant le démarrage des négociations entre le gouvernement de Jean Pierre Boyer (1818-1843) et la France en vue de la reconnaissance de l'indépendance d'Haiti, cette dernière avait, en plusieurs occasions, offert aux responsables Haitiens de régler pacifiquement le problème de "Saint-Domingue".

    En Octobre 1814, par exemple, elle invita le gouvernement de l'Ouest dirigé par Alexandre Pétion à se ressaisir et revenir dans son sillage en réintroduisant la "souveraineté absolue" de l'ancienne métropole sur l'île. En 1816, elle revint à la charge et proposa une "souveraineté constitutionnelle".  En 1821, elle annonça au gouvernement haitien qu'elle était décidée a "consacrer" l"indépendance d'Haiti, à condition que des "droits de suzeraineté" lui soient octroyés et des idemnités pour la "cession du territoire et des propriétés" payées.

    Les Haitiens d'alors jugeaient ces propositions ridicules , les démarches entreprises perfides et mettaient la "nation sous ses gardes".

    Les négociations entre le gouvernement de Jean Pierre Boyer et la France démarrèrent en 1824 et débouchèrent sur l'Ordonnance de Charles X [17 avril 1825] qui réclamait, en échange de la reconnaissance de l'indépendance, la forte idemnité de cent cinquante millions de francs payables "en cinq termes égaux, d'année en année".

    Cette ordonnance fut critiquée aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. L'une de ces critiques émana du président américain de l'époque, John Quincy Adams (1825-1829), qui, dans un message daté du 15 Mars, 1826 la qualifia "d'obscure combinaison pour obtenir d'un prince étranger une souveraineté nominale" et y trouva un pretexte pour ne pas, lui-même,  reconnaitre l'Indépendance de la deuxième nation libre du nouveau monde..

    La France exploitera tous les avantages de cette ordonnance alors qu'elle embourbera Haiti en vidant complètement ses trésors publics.

    Sources: 

    • Pièces officielles relatives aux négociations du gouvernement français avec le gouvernement haitien pour traiter de la formalité de la reconnaissance de l'Indépendance d'Haiti. Port-au-Prince: De l'Imprimerie du gouvernement, an 21 de l'Indépendance [1824]
    • Coradin, Jean D.  Histoire diplomatique d’Haiti 1804-1843. Tome premier : la reconnaissance de l’Indépendance. Port-au-Prince : Editions des Antilles, 1988.

 
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Page créée le 30 Mars, 2003
Dernière mise à jour: 25 Janvier, 2004
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