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Juin - Décembre 2007
Le Code Henry, ce recueil de lois en vigueur dans le Royaume du Nord et publié en 1812 est devenu aujourd'hui un document rare, d'une valeur inestimable, et de grand intérêt pour les historiens et les chercheurs.
Voyons un peu le contexte de sa publication et les reasons expliquant sa valeur.
Nous sommes en Haïti au début de la deuxième
décade du dix-neuvième siècle. L’union
des anciens esclaves et des mulâtres qui avait rendu possible l’épopée de
1804¹, se fragmenta et deux gouvernement parallèles s’établirent alors :
l’un dans l’ouest et le sud avec Alexandre Pétion pour chef d’état, et l’autre dans le
Nord dirigé par Henri Christophe au titre de président d’abord et de roi, lorsqu’il y
établi, en 1811, le royaume du Nord.
Épris du système britannique et façonnant son
administration sur ce modèle, Christophe qui dirigeait d’une main de fer, se
montra un dirigeant capable et méthodique, d’une fierté frôlant presque la
névrose, et ayant à cœur le devenir de son royaume et
l’image projetée à
l’extérieur. Ces traits de caractère expliquent la discipline exigée non
seulement de son armée, des membres de son conseil privé mais aussi de tous ses
sujets; et les forts érigés, les lois
publiées, attestent de cette discipline.
Après seulement cinq ans de gouvernement, il avait réussi à
promulguer des lois sur presque tous les domaines et toutes les institutions de
son royaume. En 1812, elles furent recueillies par le Conseil privé du roi et
publiées par ce dernier sous le nom de
« Code Henry ».
D’après l’historien Haïtien, Thomas Madiou, pour
élaborer ce code, une commission législative avait été créée et chargée de
« présenter des projets de lois qui devaient être discutés au Conseil
privé du roi et ensuite au grand conseil ». Après rapport du conseil
privé, ces « lois furent adoptées par sa majesté en vertu d’un édit du 20
février 1812 »¹.
La National Union Catalogue pre-1956 Imprints fait
mention d’un seul exemplaire qui se trouverait à la Bibliothèque Municipale de
New York (New York Public Library)². Le catalogue enligne n’en fait pas
mention et un bibliothécaire avec qui nous avons eu une conversation n’a pu confirmer son existence dans cette institution.
Max Bissainthe dans son Dictionnaire de bibliographie haïtienne publié
en 1851, a pu identifier, à travers le monde, trois exemplaires.
- La première appartenait à la Bibliothèque
nationale d’Haïti, perdue depuis lors;
- La deuxième faisant partie de la collection de
la British Library, quoique l'auteur affirme l'avoir "vainement cherché"(4);
- La dernière se trouvant à la Bibliothèque
Municipale de Boston (Boston Public Library)³.
Cette dernière vient de le
numériser et le publier en format DjVu, PDF , PDF noir et blanc, fichier texte ascii.
Une initiative qui certainement fera les délices des étudiants en droit, des historiens et des chercheurs.
C'est donc avec un réel plaisir que nous annonçons la publication numérique du Code Henry publié en 1812 chez P. Roux, Imprimeur du Roi.
Notes:
(1) Madiou, Thomas. Histoire d’Haïti. Tome V : 1811-1818. [Port-au-Prince: Editions Henri Deschamps, 1988, 62-63. (2) National Union Catalogue pre-1956 Imprints… Vol. 226. London : Mansell, 1972, 404. (3) Bissainthe, Max. Dictionnaire de bibliographie haïtienne. Washington, D.C. : Scarecrow Press, 1951, §808. (4) Les conservateurs des Collections canadiennes et caraïbéennes (Canadian and Caribbean Collections)et du Département des Manuscripts (Department of Manuscripts) de la
British Library n'ont pas pu retracer le Code. Dans un message reçu du conservateur de la section des Manuscripts, nous lisons ce qui suit: "There is the possibility that the Code is just one part of a larger manuscript relating to Haiti but … was not indexed. However, [He found] this possibility unlikely. Something as important as the Code would have been indexed separately if we had it." St John-McAlister, Michael. "Regarding the Code Henry." E-mail to Jean Antoine: Mardi 19 Juin 2007
Décembre 2007

Il y a près de vingt ans, la Food and Drug Administration (FDA) et les Centers for Disease Control (CDC) faisaient de l'Haïtien le porteur sui generis du virus du sida. Une désignation considérée comme une giffle administrée à tout un peuple. La communauté haïtienne des États-Unis manifesta sa révolte en monopolisant à travers une manifestation monstre une partie de la ville de New York.
Vice-doyen des étudiants au City collège de l'Université de la ville de New York, je fis alors appel à un groupe d'étudiants Haïtiens dont Gilbert Hyppolite, Mario Jean et Midlred Trouillot « Aristide », tous connus pour leur qualités de leadership. Nous commencions par mettre au point des stratégies devant conduire à une protestation publique. Les jalons posés furent récupérés par toute la communauté;
et le reste relève de l'épopée. Qu'on se souvienne seulement de la grande marche du 20 avril 1990 où des milliers de compatriotes, soutenus par des amis américains et antillais, obligèrent la CDC à battre en retraite.
Vingt ans plus tard, Dr. Michael Worobey de l'Université de l'État de l'Arizona et Dr. Arthur Pichnick reviennent à la charge à travers une conclusion ne se basant sur aucune preuve scientifique : Le premier porteur du virus du Sida serait un Haïtien infecté lors de son séjour au Congo.
Pour l'édification du lecteur exposons quelques faits :
Durant les années '60, une légion de professionnels Haïtiens répondit à l'appel des Nations-Unies en se rendant au Congo qui venait d'acquérir son indépendance et ainsi contribuer au développement de ce pays. Leur contrat expiré, ils repartirent pour le Québec rééditant le travail innovateur dans les champs de l'éducation et du développement.
Un ouvrage récemment publié et portant le titre Ces Québécois venus d'Haïti : contribution de la communauté haïtienne à l'édification du Québec moderne [Montréal : Presses internationales Polytechnique, 2007; édité par Samuel Pierre avec une préface de l'ancien ministre du Québec Jean Parizeau] rend hommage à ces compatriotes qui sont devenus une inspiration pour les citoyens du monde… et dont le Québec
ne peut oublier ni le nom…, et encore moins les actions…
A l'âge de la retraîte, ces pionniers, jouissant encore d'une santé robuste et d'une certaine prospérité… se la coulent douce en Floride ou dans les hauteurs de Port-au-Prince.
Worobey et Pichnick, pour paraphraser Dr. Paul Farmer, ont choisi « la voie de la calomnie et du dénigrement » en présentant une étude-bidon dont la frivolité est dénoncée par Luc Montaignier, une médecin et virologiste français, découvreur en 1983 du virus du sida.
Haïti, comme tous les autres pays du globe, est atteint par ce fléau, mais elle s'est placée à l'avant-garde dans la lutte, ce avec l'aide de médecins et d'institutions dont les docteurs J.W. Pape de la Cornell University, Paul Farmer de l'éminente Harvard University et des médecins sans frontières¹. Son exemple est souvent cité dans les conférences internationales et symposiums sur le Sida.
Souhaitons que Michael Worobey et son consort feront preuve d'intégrité en suivant les traces du William Darrow qui avait finalement admis la fragilité des bases sur lesquelles reposait la fameuse théorie des 4-H.
En attendant le mal est fait, et les Haïtiens deviennent encore les boucs émissaires.
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Note:
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Le texte précédent est une traduction partielle d'un article rédigé en anglais et publié sur le site Web Caribbean Net News le 23 novembre, 2007.
L'auteur, Mr. Jean H. Charles, un avocat, est présente-ment directeur exécutif de l'AINDOH une organisation à but non-lucratif travaillant pour une zone antillaise beau-coup plus chaleureuse et accueillante.
Publié sur ce site avec la bienveillante autorisation de l'auteur.
¹ En Haïti, la prévalence du sida est passée de près de 10% de la population dans les années 90 à environ 3% en 2006,
grâce à l'effort conjugué de ces personnes et de nombreuses autres organisations
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