"Haiti
est une République, indivisible, souveraine, indépendante, coopératiste,
libre, démocratique et sociale" (Constitutions
de 1987, art. 1) fonctionnant sous l'égide d'une Constitution
votée le 29 Mars 1987.
Cette Constitution établit
un gouvernement tripartite de type semi-parlementaire composé d'une
branche exécutive, d'une branche législative et d'une branche
judiciaire.
Les pouvoirs, dans la branche
exécutive, sont exercés par un Président, le Chef
de l'État et un gouvernement dirigé par un Premier Ministre
(op. cit. art. 133).
Réné Garcia Garcia Préval est aujourd'hui le
président constitutionnel d'Haiti. Élu le 7 février 2005, il fut assermenté le 14 mai.
Il demeure, après Jean-Bertrand Aristide, le deuxième président
à être élu
deux fois. Le premier, dans les deux cas,
n'a pas pu compléter
son mandat. Préval compléta son premier mandat et se retira tranquillement, faisant de lui l'un des rares présidents d'Haiti à ne pas subir l'exil.
Pour être éligible,
un candidat à la présidence doit être un(e) Haitien(ne)
d'origine [Pour une définition de la nationalité d'origine,
voir le Décret du 6 Novembre sur la nationalité haitienne,
publié par Le Moniteur No 78, Jeudi 8 Novembre 1984, Texte
également dans Code
de lois usuelles. Tome 2, p. 385], avoir accompli 35 ans le jour
des élections, jouir de ses droit civils et politiques et n'avoir
jamais été condamné pour un crime de droit commun.
Le président est élu
au suffrage universal avec une majorité absolue des votants (op.
cit. art. 134) et entre en fonction le 7 Février. Lors
de la cérémonie d'investiture, il doit prêter le serment
suivant devant le parlement réuni en Assemblée Nationale:
"Je jure, devant Dieu
et devant la Nation, d'observer fidèlement la Constitution et les
lois de la République, de respecter et de faire respecter les droits
du peuple haïtien, de travailler à la grandeur de la Patrie,
de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité
du territoire." (op. cit. art. 135.1)
Les attributions du président énumérées dans la Constitution de 1987 dans la section
B (articles 136 à 154) sont nombreuses. Citons juste quelques-unes.
Le président est avant tout, celui ou celle qui doit veiller au
respect et à l'exécution de la Constitution, assure le bon
fonctionnement des pouvoirs publics et veille à l'exécution
des décision judiciaires. En tant que chef d'État, la responsabilité
de négocier et de signer des traités et des conventions lui
incombe. Mais au Parlement revient la ratification de ces traités
et conventions.
De 1804 à nos jours,
Haiti a connu toutes sortes de gouvernements : de la monarchie à la présidence à vie héréditaire en passant par la présidence à vie non-héréditaire, des gouvernements militaires, plusieurs juntes et conseils de gouvernemment, présidence démocratique récemment. Ainsi des 50 chefs d'état¹, nous avons eu:
2 empereurs :
Dessalines
sous le nom de Jacques 1er. [8 Octobre 1804 - 17 Octobre 1806]
et Soulouque
[20 Septembre 1849 - 15 Janvier 1859] sous le nom de Faustin 1er.
Un roi :
Henri Christophe [2
Juin 1811 - 8 Octobre 1820)
Sept présidents à
vie:
Henri Christophe avant d'être déclaré hors
la loi par l'élite politique du Département de l'Ouest,
Deux présidences parallèles en l'absence d'une scission du territoire:
Joseph Nérette (7 Octobre 1991 - 19 Juin 1992),
et Emile Jonassaint (11 mai and 12 octobre 1994 ), nommés par les putchistes du 30 septembre 1991, alors que la communauté reconnaissait et négociait avec Jean-Bertrand Aristide alors en exil.
Deux de ces chefs d'état ont été assassinés alors au pouvoir:
Dessalines à l'entrée de Port-au-Prince le 17 octobre 1806,
Vilbrun Guillaume Sam assassiné le 28 juillet 1915 par une populace en furie qui l'accusait d'avoir ordonné le massacre des prisonniers politiques. Son cadavre fut traîné dans les rues de Port-au-Prince.
Un, assassiné alors qu'il croupissait en prison: Oreste Zamor, en juillet 1915.
Huit sont morts au pouvoir.
L'un s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête:
Henri Christophe le 8 octobre 1820.
Un autre a été exécuté:
Sylvain Salnave le 15 janvier 1870.
23 ont été victimes d'un coup d'état ou forcés de démissionner.
Un a été exilé en deux fois à la suite de coups d'état: