2120.- La Primature en Haiti
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La position du "Premier Ministre" a été créée en 1985, à travers un des amendements à la Constitution de 1983.  Cet amendement fut approuvé par voix référendaire le 22 Juillet, sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier.

Quoiqu'un remaniement ministériel ait eu lieu à la fin de l'année 85, aucune nomination n'a été faite; ce qui fait de Mr. Martial Célestin, le premier "Premier Ministre" qu'ait connu Haiti. Il a été nommé par le président Leslie Manigat en Mars 1988 sous l'égide de la Constitution de 1987, et ratifié par le Parlement issu des élections du 17 Janvier 1988.

Son gouvernement n'a duré que quelques mois, puisque le 20 Juin de la même année, le gouvernement Manigat-Célestin fut victime d'un coup d'état fomenté par les Forces Armées d'Haiti et ramenant au pouvoir le général Henri Namphy, dont la nomination d'un premier ministre n'effleura même pas la pensée considérant la direction et la composition strictement militaire de son gouvernement qui mit en veilleuse la Constitution de 1987

La Primature fut également inexistante durant les gouvernements du général Prosper Avril (18 Septembre 1988 - 10 Mars 1990) et de Mme. Ertha Pascal-Trouillot (14 Mars 1990 - 7 Février 1991).
Elle refit son apparition dans le décor politique en 1991, à la nomination de René Garcia Préval par le président Jean-Bertrand Aristide. Le 30 Septembre de la même année, un coup d'état mit virtuellement fin au gouvernement d'Aristide-Préval. René Préval, Premier ministre en 1991
De la fin de 1991 au 15 Octobre 1994, date du retour en Haiti du président Aristide, se succédèrent trois premiers premiers ministres dont deux nommés par les bénéficiaires du coup d'état (Jean Jacques Honorat [11 Octobre 1991 - 19 Juin 1992] et Marc L. Bazin [19 Juin 1992 - 8 Juin 1993]) et un par le président en exil (Robert Malval [2 Septembre 1993 - Octobre 1994]).

A nos jours, Haiti a connu 12 premiers ministres (Voir la liste). Les derniers en date sont les sieurs Jean Marie Chérestal, Yvon Neptune, Gérard Latortue,  et Jacques Edouard Alexis .

Jean Marie Chérestal a été nommé à ce poste par le président Jean-Bertrand Aristide tout de suite après sa seconde investiture et ratifié par le Parlement haitien le 2 Mars 2001.
Jean-Marie Cherestal Objet d'attaques répétées de la part de plusieurs secteurs du pays dont certains membres de son propre parti, La Fanmi Lavalas, il avait fini par  soumettre sa démission au président Aristide dans une lettre datée du 17 Janvier 2004.
Cette démission a été acceptée au conseil des ministres tenues quelques jours plus tard (21 Janvier).

Le 4 Mars, Mr Yvon Neptune, alors président du Sénat de la République, fut désigné pour remplacer Jean-Marie Chérestal. Un arrêté présidentiel entérinant la désignation a été publiée dans le journal officiel de la République, Le Moniteur, le lendemain. Yvon Neptune

Ratifié par le Parlement le 12 Mars, Mr. Neptune fut le 11ème citoyen haitien à occuper ce poste (Voir la liste). Dès sa ratification, les observateurs estimèrent que sa tâche serait bien ardue considérant la situation de crise et l'impasse dans lesquelles se trouve Haiti. En effet, il a passé les deux années à la primature à essayer d'endiguer la crise née des élections de l'année et à négocier avec une opposition aussi farouche qu'obstinée. Après le départ d'Aristide, au dernier jour du mois de février 2004, on le retint à ce poste jusqu'à la nomination de son successeur. Il fut arrêté le 26 juin 2004, et croupit jusqu'à ce jour en prison. Les accusations portées contre lui sont extrêmement sérieuses, toutefois aucune preuve tangible n'a été présentée par ses accusateurs pour les appuyer.

Après le départ d'Aristide en février 2004, Gérard Latortue, un ancien chef de la diplomatie haïtienne sous l'éphémère gouvernement de Leslie Manigat (7 Février - 20 juin 1988), et un ancien cadre des Nations-Unies, fut nommé (9 mars 2004) par le conseil des Sages pour former un gouvernement intérimaire.

Gérard Latortue

A son investiture, le 12 mars, beaucoup de ceux qui supportaient sa nomination, notamment ceux de la classe des affaires, croyaient qu'il créerait les conditions favorables pour une relance de la démocratie en Haiti, et endiguer l'insécurité. A la fin de son mandat cependant, les problèmes semblaient se multiplier.

A l'insécurité s'ajoutèrent une vague sans précédent de kidnapping, la corruption, les problèmes d'électricité et une inflation déconcertante. Latortue se retira tranquillement à Boca Raton où il vivait avant sa nomination.

Aujourd'hui, le nouveau chef de gouvernement se nomme Jacques Edouard Alexis, qui assume cette fonction pour la seconde fois. Nommé le 21 mai 2006, son gouvernement pluraliste, formé des membres du parti du président René Préval, et de ceux de FUSION, de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et du parti de l'ancien président Aristide, Lavalas, entra en fonction le 9 juin.

Le premier ministre est, en Haiti, le chef du gouvernement alors que le président demeure le chef de l'Etat (Const. art. 133). Les deux, soutenus par les ministres et les secrétaires d'état partagent le pouvoir exécutif.

Pour être qualifié et devenir premier ministre, un ressortissant haitien doit être un citoyen d'origine  [Pour une définition de la nationalité d'origine, voir le Décret du 6 Novembre sur la nationalité haitienne, publié par Le Moniteur No 78, Jeudi 8 Novembre. Texte également dans Code de lois usuelles p. 385], avoir accompli 30 ans, jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante; être propriétaire en Haïti ou y exercer une profession; résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives; avoir reçu décharge de sa gestion (Const. art. 157).

Le premier ministre n'entre en fonction qu'après avoir présenté devant le Parlement sa politique générale et recevoir de ce dernier un vote de confiance (Const. art. 158). Pourtant, certains premiers ministres ont été investi en dehors de ce processus. Le cas de Gérard Latortue relève de ces exceptions, le parlement étant pratiquement inexistant ou se réduisant à une dizaine de sénateurs, lors de sa nomination.

L'expérience de la Primature étant nouvelle sur la scène politique, les Haïtiens n'arrivent jusqu'a présent pas à comprendre et cerner toute sa portée et sa signification. Ses attributions (Voir: Const. art. 158-162 ) sont bien souvent confondues avec celles du président et vice-versa. La raison s'explique par le fait que le président a été pendant toute l'histoire du pays un chef d'état et un chef de gouvernement, donc l'unique personnage clé de l'exécutif.

On peut contacter le Premier Ministre Haitien de la façon suivante:

    Par la poste:
    Son Excellence Mr. Jacques Edourard Alexis
    Villa d'Accueil
    Delmas 60, Musseau
    Port-au-Prince, HAITI

    Autres moyens:
    Téléphones: 509-245-0007 | 245-0025 
    Télécopieur: 509-245-1624
    Telex: 0068 palais

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Jacques Edouard Alexis
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Dernière mise à jour: 11 novembre 2007
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