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Sous ce vocable se reconnaissent
ou sont identifiées des centaines de confessions religieuses se
réclamant du christianisme reformé par Luther, Calvin et
Henri VIII d'Angleterre (Voir: Christianisme:
Histoire). On estime à 380 millions, le nombre d'adhérents
à la foi protestante dans le monde.
Le vocable vient de protestant
qui en latin (protestans) signifie quelqu'un qui proteste, qui déclare
formellement son refus, son opposition. Son emploi, dans ce sens, remonte
à l'année 1529 en Speyer, Allemagne. Dans une "diète"
(une assemblée politique), plusieurs chefs de file du mouvement
luthérien manifestent leur opposition à une tentative de
l'Eglise catholique d'empêcher l'expansion du luthéranisme
et de limiter sa pratique. Ces chefs se sont faits appeler protestants.
Par la suite, ce terme vient à inclure tous les chrétiens
de l'hémisphère occidentale qui ont abandonné la foi
catholique d'obédience romaine ou se retrouvent membres d'une des
confessions mentionnées plus haut. Le protestantisme, dans son
ensemble, partagent certaines croyances avec les catholiques romains et
orthodoxes (Voir: Le
christianisme: message). Par exemple, les membres de certaines dénominations
protestantes professent une foi dans un Dieu Trinité. La majorité
admet également le rôle primordial du Christ dans le salut
de l'humanité. Toutefois, les protestants ne partagent pas la théologie
catholique sur la relation de Dieu avec les hommes et les voies conduisant
au salut. Le protestantisme fit son
entrée officielle en Haiti, après l'indépendance.
Les protestants, pendant les premières décennies du XIXè
siècle, se firent remarquer surtout dans le Nord où régna
l'anglophile Henri Christophe qui invita et hébergea des instituteurs
protestants anglais pour ses écoles, à condition qu'ils ne
s'adonnèrent à aucune oeuvre de propagande et de prosélytisme. Dans l'Ouest, gouverné
alors par le général Alexandre Pétion, arrivèrent,
en 1816, quelques Wesleyens de l'Angleterre qui dûrent abandonner
temporairement la République de l'Ouest devant l'hostilité
ouverte de Jean-Pierre Boyer, successeur de Pétion (Voir: Liste
des chefs d'états Haitiens). Ils revinrent donc en 1844, et
s'établirent non seulement à Port-au-Prince, mais aussi aux
Gonaives, à Jérémie et au Cap, et construisirent,
pour la dissémination de leur doctrine, des églises et des écoles.
Parmi eux se distingua le pasteur Mark Baker Bird (1807-1880) qui séjourna
prés de trente ans en Haiti et sut gagner le respect des Haitiens
qui l'ont connu. Il publia en 1876 une oeuvre remarquable sur l'histoire
et les moeurs sur le pays; oeuvre dédiée au peuple haitien
et institulée
L'homme noir; ou, Notes historiques sur l'indépendance
haitienne
(Traduite de l'anglais et publiée par Murray et Gibb,
de Edinburgh). De là arrivèrent
toute une pléiade de branches protestantes dont les baptistes qui,
quoique présents à Port-au-Prince dès la troisième
décennie du XIXè siècle à travers une petite
communauté d'anglophones dirigée par l'Américain William
C. Monroe, ne purent s'adonner à aucune oeuvre d'évangélisation,
et ce jusqu'en 1845, quand ils s'établirent à Jacmel, les
méthodistes qui arrivèrent des Etats-Unis, les Adventistes
du Septième jour, les Episcopaliens, renforcés par l'arrivée
des noirs Américains sous Geffrard (Voir: Savez-vous
que... Septembre 2001) et qui construisirent la cathédrale de
Sainte Trinité à Port-au-Prince, érigèrent
non seulement des écoles mais aussi un séminaire pour l'éducation
de jeunes pasteurs haitiens. L'un de ces nouveaux Haitiens, le Révérend
James Théodore Holly, devint en 1874 le premier évêque
de l'Eglise Orthodoxe Apostolique Haitienne. Toutefois l'influence des
protestants en Haiti demeurait insignifiante, et ce, jusqu'à
l'arrivée massive des sectes fondamentalistes d'origine nord américaine
dans les années 1950. Alors que la hiérarchie catholique
se trouvait débandée dans les années 60 avec l'expulsion
de la plupart des évêques, ces sectes n'étaient point
dérangées puisque apolitique. En adoptant le créole
comme langue d'évangelisation, en s'établissant dans les
quartiers populaires et les milieux ruraux, elles virent leur nombre grossir
considérablement et, de ce fait, érodèrent donc l'influence
jusque indisputée de l'Eglise catholique dans ces milieux. Dans la mentalité
haitienne, le protestantisme représente un refuge contre les forces
du mal assimilées à la frange magique du vodou.
Beaucoup acceptent la foi protestante rien que pour s'y mettre à
l'abri. D'autres sont attirés par la fraternité, le sens
de communauté et de partage bien souvent absents dans les églises
catholiques, et une projection de vie morale et d'honnêteté. Les Eglises protestantes
d'Haiti ne sont pas directement membres du Conseil
Oecuménique des Eglises (COE), cette communauté internationale
d'églises chrétiennes, basée à Genève
(Suisse), et travaillant à la promotion du mouvement oecuménique.
Les épiscopaliens et les méthodistes y sont affiliés
par l'intermédiaire de leurs organisations ecclésiastiques
internationales respectives. On explique ce manque d'intérêt
dans cette organisation oecuménique par le fait que la grande partie
des églises protestantes d'Haïti restent encore accrochées
à une orientation évangélique encore traditionnelle
qui fait de l'autre, sinon un ennemi, du moins quelqu'un à convertir. Les protestants haitiens
d'aujourd'hui se reconnaissent à travers des oeuvres de grande importance
et d'utilité publique, comme, par exemple, le Centre Saint Vincent
de Port-au-Prince, la station de radio 4VEH du département du Nord,
les radios et la télévision Lumière, les universités
Chrétienne du Nord d'Haiti et Lumière dans le Sud, créées
toutes deux par des missions baptistes, le Collège Bird de Port-au-Prince. Les baptistes, toutes tendances
confondues, constituent le groupe le plus nombreux avec des membres avoisinant
les 200.000 éparpillés dans quelques 1000 temples ou maisons
d'adoration à travers Haiti. Les protestants Haitiens
sont représentés par la Fédération Protestante
d'Haiti.

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