1510.-
ORIGINE ET CROYANCES
Le mot "Vodou" vient
du language parlé par les communautés
Fon du Dahomey.
Né dans la clandestinité et, dans sa prime enfance, religion
des esclaves noirs importés d'Afrique, le vodou intégra des
éléments des religions africaines avec le culte des saints
dans la religion catholique.
Les vodouisants croient en
un Être suprême identifié au Dieu des chrétiens
et qu'ils appellent le "Bondye" en créole. Toutefois, le "Bondye"
vodou ne s'immisce pas dans les affaires humaines. Il est plutôt
une figure royale déléguant ses pouvoirs aux saints, esprits
et "lwas". Ceux-ci agissent comme ses plénipotentiaires auprès
des adeptes du vodou.
Le vodou joua un role primordial
dans l'organisation des révoltes contre les colons Français.
La cérémonie du Bois-Caiman dans la nuit du 21 au 22 Août
1791 marqua le début de l'insurrection des esclaves de Saint-Domingue.
De
cette époque jusqu'au mois
d'avril 2003 quand un arrêté
du gouvernement de Jean-Bertrand
Aristide le déclara
"religion
à part entière",
le vodou ne jouissait d'aucune
reconnaissance légale et
fut même objet de persécution
ouverte et officielle pendant
la fameuse campagne anti-superstitieuse
de la moitié du vingtième
siècle, ou sournoise après
la chute du gouvernement
de Jean-Claude Duvalier
et, sur une base presque
quotidienne, par des ministres
des cultes reformés. N'empêche
que les vodouisants n'avaient cure de
ces dangers ou des critiques,
et continuaient
de pratiquer leur culte
en privé ou publiquement
dans leurs temples,
les lieux sacrés et lors
des fêtes propres. Alors
que d'autres, pratiquants
ou non, le célébraient
à travers des expressions
culturelles comme les danses
folkloriques, la musique
dite "racine".
Certains gouvernements l'utilisaient
même à des fins purement
politiques.
L'arrêté
du 4 Avril ne
vint donc qu'entériner cette pratique
religieuse en la plaçant sous
la protection des lois et
institutions du pays au
même titre que toutes les
autres religions.
1520.- PANTHÉON
Les esprits ou lwas
se partagent différents panthéons. Le Rada et le Pétro
en sont deux de ces panthéons. Dans le panthéon rada, on
retrouve des esprits généreux et bienveillants. Les esprits
agressifs forment le panthéon pétro.
1530.- SANCTUAIRES
Woufò
Endroits où les membres
d'une confrérie viennent honorer les esprits et les loas et où
les fidèles viennent consulter le wougan ou la manbo. Appelé
"kay mistè" maison de mystère,
le woufò resterait
caché au yeux des non initiés n'était-ce la présence
du péristyle.
Péristyle
Hangar où se découlent
les grandes cérémonies et les danses. Le péristyle
est soutenu par un pivot central, le poto mitan.
Le poto mitan,
toujours décoré de bandes spiralées et multicolores,
a un caractère sacré. Il est considéré comme
le centre des danses rituelles, le chemin des esprits.
Oratoire
Petite table recouverte
d'une nappe sur laquelle sont posés des bouquets de fleurs et le
symbole du lwa ou son image. En général l'image d'un lwa
correspond à un saint catholique . [Voir: Hurbon, Laënnec.
Dieu
dans le vodou Haitien. Paris: Payot. 1972. p. 89]
1540.- RITES
ET CÉRÉMONIES
Officiants
Voir: Wougan,
manbo
Maitre de cérémonie
Voir: La-place
Assistants
Voir: Wousi
Aibobo
Acclamation rituelle ponctuant les chants lors des cérémonies ou exprimant l'enthousiasme.
1550.- HIÉRARCHIE

Le vodou n'a pas de structure
hiérarchisée puisqu'il ne constitue pas un corps organisé
selon le modèle de l'Église catholique et de certaines églises
protestantes. Le vodou s'organise plutôt en confréries dont
l'importance des membres se mesure selon le niveau ou stade de leur initiation.
Le houngan, la mambo, les hounsi sont les membres les plus importants d'une
confrérie.
1551.- Le Wougan:
Prêtre officiant les grandes cérémonies. On le désigne également
sous le nom de gangan, papa loa. Aux yeux des vodouisants, le wougan
est à la fois un médecin soignant à l'aide d'infusions
et de bain, un voyant prédisant le future, et bien des fois un sorcier
utilisant des manipulations magiques (Wanga). Dans ce dernier rôle,
il est connu sous le nom de bòkò.
1552.- La Mambo:
Vodouisantes ayant un niveau
d'initiation quelque peu similaire au wougan, ce qui les amène à
officier les cérémonies en compagnie ou à la place
du wougan, et à jouer le rôle de conseillères aux fidèles
qui viennent les consulter.
1553.- La-place:
Titre que porte, dans une confrérie vodou, le maître de cérémonie. Armé
généralement d'un sabre ou d'une machette, il conduit les
possessions, rend honneurs aux loas et assiste l'officiant.
1554.- Les Wousi
Adeptes passées parles rites d'initiation, elles assistent le wougan et la manbo dans leur
fonctions d'officiants.
1560.- Lieux
de pèlérinage

Saut-d'Eau et sa cascade:
pèlerinage annuel le 16 Juillet à l'occasion de la fête
de Notre-Dame du Mont-Carmel.
Plaine du Nord et sa mare:
pèlerinage annuel le 24 Juillet à l'occasion de la fête
de Saint Jacques.
1570.- Organisations

Bode
Nasyonal Association
apolitique, à but non-lucratif créée en 1986 et réunissant
les initiés et les sympathisants vodou. Son siège social
se trouverait quelque part à Port-au-Prince.
Zantray
Nasyonal Fondée
aux Gonaives par Monsieur Hérard Simon, dirigée par Reginald
Bailly.
Federasyon
Nasyonal Vodouyizan Ayisyen Composée
des deux organisations précédentes avec pour co-présidents
Max G. Beauvoir et Hérard Simon.

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