Haïti a besoin d’un miracle

Le miracle devra se manifester sous la forme
d’un grand réveil de la conscience collective

Depuis quelques décennies Haïti se dirige vers les bords d’un précipice. Aujourd’hui, elle y est, piégée par les spéculations douteuses des uns et des autres sur son destin. Haïtiens, nous sommes aujourd’hui tiraillés par notre loyauté à ce lopin de terre, legs de nos ancêtres, la recherche, à titre individuel, d’un lendemain meilleur sous d’autres cieux, et un conformisme dans notre pays d’accueil, une fois parvenu à ce but.

Ceux qui n’ont aucune attache ombilicale ou ancestrale au pays, et qui détiennent pourtant dans leurs mains son destin sont motivés uniquement par leurs propres intérêts ou ceux de leurs pays. L’épuisement du sol, la corruption généralisée, l’avilissement des moeurs, l’injustice flagrante qui ne révolte plus sont les moindres de leurs préoccupations. Ils savent qu’ils détiennent des atouts et peuvent surtout à tout moment faire chanter ceux d’entre nous qui auraient tendance à afficher une trop grande liberté ou une certaine empathie pour le peuple en développant, pour leur bénéfice, un projet de société.

De la gêne à la honte

Entrée de Guy Philippe et des insurgés à Port-au-Prince, le 1er mars 2004. Photo de Joe Raedle/Getty Images
Guy Philippe accueilli en héros à Port-au-Prince,
le 1er mars 2004.
Photo de Joe Raedle/Getty

Imaginez Guy Philippe entrant à Port-au-Prince à la tête de l’insurrection qui a précipité la décision de quelques membres influents de la communauté internationale d’orchestrer un second coup contre le président d’alors!

Imaginez-le, comme il était très courant durant les deux décades précédant l’occupation américaine, se présentant au Parlement haïtien pour recueillir ses lauriers et recevoir l’écharpe présidentielle!

Imaginez-le aujourd’hui croupissant dans une prison fédérale des États-Unis sous l’accusation de blanchiment d’argent provenant du trafic illégal de stupéfiants et passant aux aveux!

Thierry Gardère! René Garcia Préval! Chapeau!

Après une longue période où les jugements étaient obscurcis par le marathon électoral et où, plus près de nous, les esprits étaient préoccupés par la préparation des bacchanales associées au carnaval et le défilé des jours gras, les Haïtiens se sont réveillés ce mercredi des cendres, et constatent avec amertume que la dure réalité du pays ne s’était point dissipée.

  • La misère est aussi tenaillante pour la grande majorité.
  • Les mœurs sont aussi dissolues, et les jeunes filles aussi vulnérables face aux prédateurs sexuels.
  • Les rues de Port-au-Prince sont encore jonchées de détritus.
  • Les politiciens sont aussi inconscients de leur rôles et responsabilités et sont tout aussi prêts à se courber devant les puissants de l’international ou à se prostituer aux plus offrants, même quand l’offre va à l’encontre des intérêts nationaux.
  • Le nouveau président qui, le 24 février, avait officiellement présenté à la nation son premier ministre désigné, n’a toujours pas la garantie que ce dernier passera l’épreuve parlementaire.

Ils étaient toutefois loin de penser que deux piliers de la société allaient tirer leur révérence de façon inopinée.

Investiture de Jovenel Moise: Homélie du Cardinal Chibly LANGLOIS

Armorial du cardinal Langlois1. Nous sommes rassemblés ici, au Palais national, pour confier à Dieu, dans le rite solennel du Te Deum, notre cher pays et son nouveau président. Nous sommes conscients qu’en dehors de Dieu, nous ne pouvons rien faire, car : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes… » (Psaume 126 : 1-2)…

2. Dans cette circonstance qui nous réunit comme peuple, la Parole de Dieu vient nous rappeler le sens profond, la raison d’être de toute autorité, de tout pouvoir et de tout gouvernant, et surtout s’il est un chef d’État : il s’agit de servir en vue du bien commun…

• Servir la nation dans son autonomie et dans sa souveraineté à sauvegarder et raffermir;
• servir le peuple dans sa lutte pour de meilleures conditions de vie;
• servir la famille, cellule fondamentale, structure de référence et élément précieux de toute société;

Discours d’investiture de Jovenel Moise: 7 février 2017

Konpatryòt mwen yo,

Frè m ak Sè m yo,

Premye mo m ap di nou maten an se MÈSI !

• Mèsi paske nou te chwazi m nan eleksyon prezidansyèl 25 oktob 2015 yo.

• Mèsi paske nou rechwazi m ankò nan eleksyon 20 novanm 2016 yo, nou mete m prezidan ak yon sèl kout kle !

• Mèsi pou kokenn chenn responsabilite sa a nou ban mwen.

• Mèsi pou konfyans nou plase nan mwen, pou m dirije peyi m nan pi wo nivo.

• Mèsi paske nou chwazi demokrasi nan plas briganday, vyolans ak kraze brize.

• Mèsi paske nou chwazi m pou mete peyi a sou wout estabilite tout bon vre.

• Mèsi paske nou chwazi lòd, pwogrè ak disiplin pou peyi Dayiti.

error: Content is protected !!
X