Notre Blog: Archives des textes d'opinion

Pour un carnaval où l’art côtoie la bienséance

La nouvelle tomba en mi-semaine : Le groupe musical de Joseph Michel Martelly est exclu du défilé carnavalesque des Gonaïves [Voir note] devant se dérouler du 2 au 4 février.

C’est une décision qui a demandé, de la part du Comité organisateur du carnaval de la Cité de l’indépendance, beaucoup de courage. Mais Les habitants des Gonaïves sont connus pour leur courage. Et encore une fois, nous les applaudissons.

Certains voudraient voir dans cette exclusion, une position politique. Pour nous, elle reflète plutôt un désir des membres du Comité de se présenter en “agents de moralité” dans une société où la désintégration morale est visible dans tous les centres urbains. Pour ce, ils refusent d’accepter la grivoiserie et l’obscénité comme parties intégrantes des festivités carnavalesques qui devraient, en principe, être une fête projetant la culture haïtienne dans ce qu’elle a de singularité, et où les familles se divertiraient sainement tout en se délectant des œuvres musicales bien balancées, tout en admirant les motifs allégoriques des chars, masques et autres déguisements originaux.

Attitude socialement dangereuse

Jean François Copé, un homme politique français, disait qu’en politique, “il y a une part de langue de bois inévitable”; mais reconnaît immédiatement “qu’il y a une forme de langue de bois qui est insupportable”. Alors qu’il donnait en exemple celle “qui consiste à ne pas assumer ses convictions sur certains sujets”[1], nous ajouterions celle qui consiste à protéger ses intérêts et ceux de son clan au détriment des intérêts vitaux et de l’image de son pays.

C’est cette forme de langue de bois que le premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, adopta le lundi 15 janvier dernier à Jérémie, quand il refusa d’abord de répondre aux questions des journalistes sur les propos insultants du chef de l’exécutif américain:

“Bon nou pa la jodya pou sa…”[2]

C’est à eux d’avoir honte

Aujourd’hui ramène le 8ème anniversaire de cette fatidique journée à la fin de laquelle des milliers de vies ont été terrassées, des infrastructures qui faisaient notre fierté détruites, laissant les survivants désemparés, et des parents se trouvant à l’extérieur du pays éperdus de douleur.

Ce 12 janvier serait pour nous une journée de réflexions sur les attentes et espoirs immédiatement post-sismiques non encore comblés:

• Attente d’une ré-urbanisation des villes affectées sans l’hypertrophie urbanistique d’avant;
• Attente d’un programme d’éducation et de prévention pour éviter, en cas d’un similaire désastre, tant de pertes;
• Attente d’un nouveau « contrat social » des composantes de la société civile qui tiendrait compte de l’instauration de l’ordre sociale et des revendications populaires de dignité et d’honneur;
• Espoir des familles refugiés encore dans les camps de fortune de reprendre une vie normale.

Note de presse des Evêques catholiques d’Haïti condamnant le “comportement outrageant et abominable” de certains lors des funérailles du père Simoly

Le père Joseph Simoly, un prêtre diocésain très aimé de ses fidèles, a été assassiné le 21 décembre. La thèse du vol ne peut être soutenue. Le prètre, dit-on, a été assassiné pour avoir mis, le doigt dans cette grangrène sociale qui bénéficie certains groupes influents.

Lors de ses funérailles, un groupe de personnes lancèrent des propos hostiles contre le cardinal Chibly Langlois, qui présidait la cérémonie et le sénateur Youri Latortue, ancien président de la commission Ethique et Anti-corruption du Sénat qui avait conduit une enquête sur l’utilisation des fonds PetroCaribe, présent dans l’assistance.

Les évêques catholiques d’Haiti, par cette note, dénoncent donc le “comportement outrageant et abominable” des protestataires, manipulés par une main invisible.

Père Joseph Simoly1. Nous, les Évêques Catholiques d’Haïti, condamnons fermement ce qui s’est passé au moment de la célébration des funérailles du Père Joseph Simoly à la Cathédrale transitoire de Port-au-Prince. Des agitateurs, de toute évidence manipulés, n’ayant aucun lien avec les familles spirituelle et biologique du regretté Père Joseph Simoly, ont tenté d’instrumentaliser cette célébration en faisant du tapage à l’intérieur de l’église, espace sacré, inviolable.

Ces perturbateurs ont lancé des propos désobligeants à l’égard d’un membre de la hiérarchie catholique, Son Eminence Chibly, Cardinal LANGLOIS. Ces propos violents ont gagné en escalade pour se transformer en menaces contre la personne du Cardinal. Ceci est totalement inacceptable et intolérable.

Nous réprouvons ce comportement outrageant et abominable qui témoigne d’une irrévérence flagrante pour l’Eglise de Jésus-Christ. Cette manœuvre infâme est à nos yeux une tentative de manipulation de l’opinion en faveur des auteurs de l’assassinat crapuleux du Père Joseph Simoly.

Message de Noël 2017 de la Conférence des Évêques d’Haïti

bishop-hat1. Nous vous saluons avec les paroles d’espérance et de consolation prononcées par le prophète Isaïe pour encourager le peuple qui vivait un moment difficile et traumatisant de son histoire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi… » (Isaïe 9, 1.3). Elles annoncent l’événement central de la venue, dans son histoire tragique, du Messie, du Sauveur, de l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, qui est la Lumière qui brille dans les ténèbres.

2. C’est cet événement providentiel de l’irruption de Dieu dans l’histoire de son peuple pour l’assumer, la sauver et l’illuminer par sa présence libératrice et salvatrice que nous nous préparons à célébrer à Noël. Ainsi, le temps de l’Avent nous ouvre l’horizon de l’espérance, une espérance qui ne déçoit pas, parce qu’elle est fondée sur la Parole de Dieu : « Je conduirai les aveugles par un chemin qu’ils ne connaissent pas, je les ferai cheminer par des sentiers qu’ils ne connaissent pas, devant eux, je changerai l’obscurité en lumière » (Isaïe 42, 16).

 
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