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1er janvier 1815: La célébration

Il fut un temps où le 1er janvier donna lieu à non seulement une célébration commémorative de notre Indépendance, mais était aussi et surtout retenu comme une journée d’action de grâces et de renouvellement des engagements pris par nos ancêtres, en plusieurs occasions, de vivre libres plutôt que d’être assujettis par une force étrangère.

Le discours ci-après que le président de la République d’Haiti, Alexandre Pétion (1770-1818), prononça à l’occasion du onzième anniversaire de notre Indépendance, le 1er janvier 1815, traduisit éloquemment cet élan de gratitude et ce renouvellement:

Profanation de la mémoire de Dessalines

Nous commémorons, ce 17 Octobre, le 198ème anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, et les vieux démons qui ont été à l’origine de cet acte odieux s’activent fiévreusement ces jours-ci pour replonger le pays, comme il fut le cas en 1806, dans une sanglante guerre civile et exacerber les tensions dues à la latente scission sociale et économique.

Haiti IN ILLO TEMPORE! Championne des droits du peuple noir

Aux premiers jours d’octobre [1817], une goëlete soit-disant portugaise, venant de Sierra-Leone et se rendant à la Havane pour échapper à la poursuite d’un navire de guerre anglais, vint relâcher au Cap Henri.

Les officiers du port se transportèrent à son bord et y trouvèrent 145 noirs entassés au fond de la cale, dans un état affreux. Le batiment ayant été reconnu pour être un négrier, tout l’équipage fut jeté en prison. Quant aux noirs, “La Gazette du Cap” [rapporta que] : Les Haytiens (sic) s’empressèrent de leur oter les fers en leur disant qu’ils etaient libres et parmi des frères et des compatriotes…”

Troisième scission du territoire

Il faut remonter à l’année 1888 pour voir se développer une situation plus ou moins semblable à celle que nous vivons aujourd’hui en Haiti: la perte du contrôle de la partie septentrionale par le gouvernement central de Port-au-Prince(1). Le 5 Août de cette année, une révolte prenant d’abord l’allure d’une protestation contre le gouvernement de Lysius Salomon (1879-1888) éclata au Cap-Haitien. Elle se transforma vite en une insurrection quand le général Séîde Thélémaque y prit le contrôle, se dirigea avec ses troupes vers Port-au-Prince et força le président en exercice à démissionner et à prendre le chemin de l’exil.

Bicentenaire de l’indépendance: une occasion râtée

Le président Haitien, Jean-Bertrand Aristide, au centre, avec le président Sud-Africain Thabo Mbkei, à droite, et le premier ministre Bahamaméen, Perry Christie, durant une sombre célébration de l’indépendance.
(AP Photo/Andres Leighton)

Haiti vient de rater le Bicentenaire de son Indépendance. Une occasion qui devrait être un moment de grandes célébrations et d’intensives réflexions sur l’inédite geste conduisant à ce moment glorieux.

 
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