6420.- Liste des Chefs d’États Haitiens

Classification Histoire et Société

Quelques-uns des derniers presidents

1.- Jean-Jacques Dessalines


Naissance: 20 septembre 1758
♦ Gouverneur général à vie du 1er janvier 1804 au 8 octobre 1804
♦ Empereur du 8 octobre 1804 au 17 Octobre 1806
Décès: 17 Octobre 1806 (Assassinat)

Dessalines qui se rendait dans le Sud pour aller réprimer une révolte, tomba dans une embuscade à l’entrée de Port-au-Prince, au Pont Rouge, le 17 Octobre 1806.

2.- Henri Christophe


Naissance: 6 octobre 1767
♦ Premier magistrat de L’État d’Haiti (Nord) du 17 février 1807 au 2 juin 1811
♦ Roi du Royaume d’Haiti (Nord)du 2 juin 1811 au 8 octobre 1820
Décès: 8 octobre 1820 (Suicide)

Henri Christophe (1767-1820) un patriote et roi d’ d’Haiti, est surtout connu pour avoir érigé la Citadelle, cette impressionnante forteresse perchée sur les cimes du Bonnet à l’Évêque. Mais les historiens objectifs, tout en reconnaissant la nature autocrate du son administration, sont tout aussi bien impressionnés par son génie, son sens de l’organisation résultant dans la création d’un royaume prospère avec des sujets disciplinés… (suite)

3.- Alexandre Pétion


Naissance: 2 avril 1770 à Port-au-Princ
♦ Président du 9 mars 1807 au 29 mars 1818
Décès: 29 mars 1818 à Port-au-Prince

Fils d’une affranchie noire et d’un colon blanc du nom de Pascal Sabés, Alexandre Pétion naquit à Port-au-Prince le 2 avril 1770. Son père qui ne pouvaient admettre qu’un petit garçon au teint sombre porta le nom de ses ancêtres, refusa d’assumer ouvertement sa paternité en lui donnant son nom. Le jeune Alexandre devint toutefois un protégé de son père par l’intermédiaire d’amis qui l’éduquèrent et le pourvurent d’une profession: Pétion fut un maître argentier…

4.- Jean Pierre Boyer


Naissance: 15 février 1776 à Port-au-Prince
♦ Président du 30 mars 1818 au 13 mars 184
Déces: 9 juillet 1850 en France

Jean-Pierre Boyer suivit comme les jeunes de sa condition le parti des affranchis, et s’imposa peu à ses compagnons d’armes. Élu président de la République le jour suivant la mort de Pétion, son administration détient jusqu’à ce jour le record longévité. Il négocia au détriment des intérêts d’Haiti, le reconnaissance de notre indépendance.

Un mouvement insurrectionnel parti de Praslin et ayant à sa tête Rivière finit par avoir raison de lui. Il s’exila à la Jamaïque, puis en France. Dans sa lettre de démission, il écrivit:
“En me soumettant à un exil volontaire, j’espère détruire tout pré texte d’une guerre civile causée par mon moyen” (Cité par Dantès Bellegard e. La Nation Haïtienne, p 111). Il mourut en France le 9 juillet 1850.

5.- Charles Rivière Hérard


Naissance: 16 février 1789 à Port-Salut
♦ Président du 31 décembre1843 au 3 mai 1844
Décès: 31 août 1850 à Kingston, Jamaïque

Né à Port-Salut le 16 février 1789, il devint en 1842 le chef du mouvement insurrectionnel initié à Praslin, et qui renversa Jean-Pierre Boyer. Élu Président président provisoire, une fois arrivé à Port-au-Prince, il devint le président constitutionnel d’Haiti le jour même de la publication de la Constitution de 1843 (30 décembre). Le nouveau président jugea le document trop restrictif et le mit aussitôt en veilleuse, en dissolvant, le 30 mars 1844, le nouveau parlement.

Pour faire revenir les Dominicains, qui venaient de proclamer leur indépendance (27 février 1844), dans le giron d’Haiti, il se lança dans une campagne militaire contre l’Est où il n’essuya que des défaites.

Renversé par la garde nationale, alors en campagne dans l’Est, il revint à Port-au-Prince et s’embarqua pour la Jamaïque le 2 juin à la suite de son renversement par la garde nationale. Il rendit l’âme à Kingston le 31 août 1850, après avoir plusieurs fois, essayé de reprendre le pouvoir.

Les piquets, ce mouvement de paysans dirigé par Jean-Jacques Acaau, se forma sous son gouvernement.

6.- Philippe Guerrier


Naissance: 19 décembre 1757 à la Gde-Rivière du Nord
♦ Président du 8 mai 1844 au 15 avril 1945
Décès: 15 avril 1845 à Port-au-Prince

Né à la Grande-Rivière le 19 décembre 1757, le général Philippe Guerrier, âgé de 87 ans au moment de sa désignation par les anciens amis de Jean-Pierre Boyer qui, en jetant leur dévolu sur ce vieillard qui, quoique illettré, avait fait preuve de bravoure dans l’armée, pensaient faire d’une pierre deux coups en donnant satisfaction aux noirs majoritaires anxieux finalement de voir un des leurs accéder à la présidence, et, tout en restant derrière les rideaux tirer à leur profit les ficelles des décisions gouvernementales.

La constitution de 1843 qui avait été mise en veilleuse par son prédécesseur, ne fut point rétablie. Guerrier gouverna donc en dictateur débonnaire, assisté d’un conseil d’état.

Son gouvernement montra cependant un réel désir d’améliorer las conditions morales et économiques du pays, après le fiasco des dernières années de Jean-Pierre Boyer et la courte présidence de Charles Rivière Hérar

Certains de ses ministres firent preuve d’un grand esprit de progrès et des mesures administratives furent prises en ce sens dont l’organisation du service des postes à l’intérieur, la fondation de deux lycées, l’un au Cap, l’autre aux Cayes et la volonté d’établir au moins une école primaire dans chaque commune et financée par les fonds publics.

La mort vint surprendre le président Guerrier le 15 avril 1845: il n’était resté au pouvoir que onze mois et douze jours.

7.- Général Jean-Louis Pierrot


Naissance: 1761 [Probablement en Afrique]
♦ Président du 16 avril 1845 au 28 février 1846
Décès: 18 février 1857 à Camp coq (Departement du Nord)

Né à l’Acul du Nord en 1761, le général Jean-Louis Pierrot fut appelé par le Conseil d’Etat, le 16 avril 1845 pour diriger en chef exécutif la nation haïtienne. Vieux combattant de la guerre de l’indépendance, il était un de ces généraux dont analphabétisme n’altéra en rien la bravoure sur les champs de bataille. Octogénaire au moment de son investiture à Port-au-Prince, et se sentant menacé par la cohorte du palais, il décida un beau matin de transférer le siège du gouvernement au Cap-Haitien.

Se sentant encore dominer par ses fibres martiales, il fit connaitre au peuple, à travers une proclamation son intention d’entreprendre une campagne contre les dominicain qui avaient proclamé un an plus tôt leur indépendance, et qui avaient tenté de s,accaparer de Hinche et de Lascahobas. La proclamation fut mal accueillie par la population, surtout celle de l’Ouest lésée dans leurs droit d’avoir la Capitale dans leur région, les garnisons de Port-au-Prince, le 28 février 1845, le destituèrent.

Il se retira donc dans son habitation de Camp-Coq où il expira le 18 février 1857.

8.- Général Jean-Baptiste Riché


Naissance : 1777 à la Grande Rivière du Nord
♦ Président d’Haiti du 1er Mars 1846 au 27 Février 1847
Décès: 27 février 1847 à Port-au-Prince

Trois jours après la destitution du général Pierrot, le général Jean-Baptiste Riché, âgé alors de 69 ans, fut acclamé président par les garnisons et les populations du département de l’Artibonite et de la capitale, Port-au-Prince. Trois semaines plus tard, il fut officiellement investi en prêtant le serment de fidélité d’usage.

Sans instruction formelle, mais plein de bonnes volontés et d’un esprit patriote, il fit appel à des hommes capables et commençait à prendre des mesures pour réduire les dépenses du gouvernement, réduire la corruption et balancer le budget. Initiatives qui lui valurent confiance de ses concitoyens.

Malheureusement, il dut affronter non seulement l’opposition de l’élite politique formée sous le gouvernement de Jean-Pierre Boyer qui pensait faire de lui une marionnette, mais aussi le mouvement insurrectionnel des piquets dans le Sud, mouvement qu’il réprima sévèrement.

Son gouvernement fut de courte dur., puisque le 27 février 1947, moins d’un an après sa prestation de serment, le général Jean-Baptiste Riché, originaire de la Grande Rivière du Nord expira d’épuisement dirent certains, d’empoisonnement avancèrent d’autres.

9.- Faustin Soulouque


Naissance: 15 aoüt 1782 à Petit Goâve
♦ Président d’Haiti du 1er Mars 1847 au 18 avril 1952
♦ Empereur d’Haiti du 18 avril 1952 au 15 Janvier 1859
Décès: 6 août 1867 à Petit Goâve

Faustin Soulouque naquit à Petit-Goâve le 15 août 1782 et gouverna Haiti du 1er mars 1847 au 15 janvier, tout d’abord comme président, et ensuite comme empereur sous le nom de Faustin 1er.

Avant son élection, il fut un membre respectable et respecté de la garde présidentielle sous les gouvernements de Pétion et Jean Pierre Boyer. Il dut son élection à l’avidité des agents de la veille garde boyériste qui n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur l’un des deux candidats en lice, les généraux Jean-Paul et Souffrant, hommes de grande éducation. Ils jetèrent alors leur dévolu sur cet homme sans ambition politique mais doté d’un don inné d”observation et d’une intelligence très subtile[]

10.- Fabre Nicolas Geffrard


Naissance: 23 septembre 1803 à l’Anse-à-Veau
♦ Président à vie du 15 janvier 1859 au 13 mars 1867
Décès: 31 décembre 1878 à Kingston, Jamaïque

Né à l’Anse-à-Veau , le 23 septembre 1803, il occupa, sous le gouvernement de Faustin Soulouque et sous l’empire, les plus hautes fonctions dans l’armée. Se dissociant de ce régime, il proclama d’abord la République aux Gonaïves et obtint la sympathie du pays. Cet acte conduit à l’abdication de Faustin 1er., qui avait d’abord essayé de résister. Il devint tout de suite le président à vie d’Haïti, et resta près de huit ans au pouvoir. A sa démission, il se rendit à Kingston, Jamaïque, où il rendit l’âme, le 31 décembre 1878.
  • Baur, John E.
    The Presidency of Nicolas Geffrard of Haiti
    The Americas, Vol. 10, No. 4 (Apr., 1954), pp. 425-461.
    Publié par: Academy of American Franciscan History.
  • Michel, Antoine.
    Avènement du général Fabre Nicolas Geffrard à la présidence d’Haïti.
    Port-au-Prince : Editions Fardin, 1981.
    xlvi, 141 p. ; 19 cm.
  • Midlow J. M.
    “Geffrard, president of Hayti”
    Good Words for 1862
    .
    London : A. Strahan, 1872;
    pp. 523-524.

11.- Sylvain Salnave


Naissance: 7 février 1826 au Cap-Haitien>
♦ Président du 14 juin 1867 – décembre 1869
Décès: 15 janvier 1870 (Poteau d’exécution)

Élu pour quatre ans par une assemblée constituante pour remplacer Fabre Nicolas Geffrard qui avait démissionné quelques trois mois auparavant (13 mars 1867), Salnave, un soldat de fortune, fut accueilli avec chaleur par la population de Port-au-Prince et devint vite une figure populaire parmi la jeunesse libérale groupée autour de Démesvar Délorme.

Éphémère fut alors l’enthousiasme et la dispersion du parlement par une populace vouée à sa cause, une dispersion entérinée immédiatement par le gouvernement, devint le premier indice d’un gouvernement décidé à maintenir le pouvoir par la force. Des opposants se firent alors de plus en plus nombreux et certains rejoignirent les Cacos qui s’accaparèrent de Port-au-Prince à la fin de l’année 1869.

Sylvain Sylvain qui essayèrent de s’enfuir du pays via la République Dominique fut appréhendé, jugé sommairement et condamné à mort: une sentence exécuté le 15 janvier 1870 quand il fut fusillé.

12.- Jean-Nicolas Nissage-Saget


Naissance: 20 septembre à Saint Marc
♦ Président du 19 Mars 1870 – 15 Mai 1874
Décès: 7 avril 1880 à Saint Marc

Élu par les deux chambres réunies en Assemblée nationale, ce vieillard, dont l’esprit paraissait un peu déséquilibré à la suite d’une longue détention dans les geôles de Faustin Soulouque, se montra le plus sage des chefs exécutifs Haïtiens, et le plus respectueux de la Constitution du pays. Sous son gouvernement, Haïti subit de la part de l’Allemagne un terrible affront:Deux ressortissant Allemands, Dickman et Stupenhorst, se plaignirent auprès de leur gouvernement d’avoir été victimes en Haiti et réclamèrent des dommages. Faisant suite à leur demande, l’empereur allemand dépêcha deus frégates à Port-au-Prince, et leur capitaine, un certain Batch, exigea le payment de 3,000 livres Sterling du gouvernement. Non contents de leur rançon, les Allemands s’adonnèrent également à des actes odieux sur les deux navires haïtiens qui se trouvaient en leurs mains(Voir: 11 juin 1872).

Parvenu à la fin de son mandat, le président Saget remit sans rechigner le pouvoir au Conseil des ministres, et se retira dans sa ville natale, Saint Marc, où il mourut le 7 août 1880.

13.- Michel Domingue


Naissance: aux Cayes
♦ Président du 11 Juin 1874 – 15 Avril 1876
Décès: 24 mai 1877à la Jamaique

Nommé général-en-chef de l’armée par le conseil des ministres qui reçut le pouvoir de Nissage Saget (voir: 15 mai 1874) et sur les conseils de derniers, Michel Domingue finit par se faire élire par une Constituante totalement acquise à sa cause. Sa premier grande action fut la promulgation d’une constitution qui, fait inédit dans l’histoire d’Haiti, créa un poste de vice-président. Ce poste fut attribué à son neveu, Septimus Rameau, qui fut le président de facto.

Sous le gouvernement de Domingue, Haïti signa avec la République dominicaine (voir: 20 janvier 1875) un traité de paix, d’amitié et de commerce. Le pays fut également victime d’escroqueries de la part de commerçants français résidents en Haiti de concert avec des banques françaises, ce qui créa une situation économique désastreus

La mauvaise gestion de Domingue et de son neveu finit par révolter la population. A la suite d’une sanglante émeute, le vice-président fut gravement blessé et succomba peu de temps après. Le président, qui fut maltraité mais épargné, se réfugia à l’étranger.

14.- Pierre T. Boisrond-Canal


Naissance: 12 juin 1832
♦ Président du 17 Juillet 1876 au 17 Juillet 1879
♦ Décès: 6 mars 1905 à Port-au-Prince

Très impliqué dans des actions subversives durant les présidences de Sylvain Salnave et de Michel Domingue, cet officier de l’armée qui pouvait alors se vanter d’avoir une fulgurante carrière militaire, fut banni par son prédécesseur et exilé à la Jamaïque où il continua néanmoins à supporter l’opposition.

Il retourna en Haïti deux jours après le départ de Michel Domingue (15 avril 1876) pour recueillir ses lauriers. Il devint d’abord le chef du gouvernement provisoire avant de se voir confier par l’assemblée nationale les rênes de la présidence pour un mandat de quatre ans.

Très populaire au début, avec un certain désir pour une administration saine et le rétablissement de la loi et de l’ordre, il ne tarda pas à susciter l’opposition de certains notables politiques, opposition se transformant, comme il a été coutume dans l’Haïti d’alors, en insurrections et une éventuelle prise du pouvoir, ce, malgré l’existence de deux partis (Les nationalistes et les Libéraux). Ce fut le cas des émeutes initiées, en mars 1878, par le général Tanis, pourtant son ami et conseillé, ou de celles de juin 1879 où il perdit son ministre de la guerre et de la marine, le général François. Pris de dégoût par les chamailleries parlementaires un complot venant du Nord, il décida d’abandonner le pouvoir et reprit, sans un sou, le chemin de l’exil s’établissant cette fois-ci à Saint Thomas.

Il revint en Haiti quelques dix ans plus tard et resta, malgré les déconvenues passées,très actif dans la politique. Il rendit l’âme le 6 mars 1905 et eut droit à des funérailles nationales.

15.- Lysius Félicité Salomon


Naissance: 30 juin 1815 aux Cayes
♦ Président su 23 octobre 1879 au 10 août 1888
♦ Décès: 18 octobre 1888 en France

Ancien ministre de Faustin Soulouque et exilé à sa suite, il revint en Haiti en 1879 peu de temps après le départ de Boisrond Canal et procéda immédiatement, aidé des autorités militaires, au démantèlement du gouvernement provisoire (3 octobre 1979). L’Assemblée nationale procéda donc à son élection à la première magistrature pour une période de sept ans.

Fin Politicien, il se fit entouré d’hommes capables, mais son caractère soupçonneux poussa bon nombre d’entre eux à le déserter. Son gouvernement ne fut pas de tout repos et dut faire faire face à plusieurs tentatives de coups d’état, d’insurrections et d’un débarquement, ce qui entraîna des événements déplorables qui endeuillèrent des familles de plusieurs villes dont Jacmel, Saint Marc et Jérémie, Miragoâne où débarquèrent, le 27 mars 1883, les hommes de Boyer Bazelais dans le but de s’accaparer du pouvoir par la force des armes et la capitale.

On lui doit toutefois la fondation de la première banque nationale, une certaine amél ioration dans le système éducative, l’introduction du timbre-poste. Avec les Dominicains, il signa une convention de neutralité et un traité d’extradition 14 octobre 1880).

A l’approche de la fin de son septennat, il ingénia sa propre réélection (30 juin 1886), mais n’eut pas le temps de compléter son second mandat, emporté , comme la majorité de ses prédécesseurs, par les bourrasques d’u ne insurrection dont Séide Thélémaque, alors commandant du Cap-Haïtien, réclama la paternité. Exilé à nouveau et déjà sous le poids des ans, il laissa définitivement ce monde le 19 octobre 1888.

16.- François Denys Légitime


Naissance: 20 novembre 1841 à Jérémie
♦ Président du 16 Décembre 1888 au 22 Août 1889
♦ Décès: 29 juillet 1935 à Port-au-Prince

Élu à Port-au-Prince par une assemblée constituante, François Denys Légitime qui avait derrière lui une longue carrière militaire et politique se retrouva à la tête d’un pays fracturé, avec une autorité contestée. En effet, les population du Nord et de l’Artibonite, se disant lesées, surtout après la mort de leur poulain, Séïde Thélémaque, au cours d’une sanglante échauffourée (28 Septembre 1888), s’étaient déclarées indépendantes du reste du pays et formaient un état belligérant connu alors sous le nom de “République Septentrionale”.

Les efforts de conciliation envers le Nord ayant échoués et avec la propagation de la contestation dans le Sud, il dut démissionner et reprit le chemin de l’exil

Moins de deux mois plus tard, le ministre de la guerre de la République Septentrionale fut investi de la Suprême magistrature de l’État, et le pays à nouveau réunifié au moins politiquement.

17.- Louis Mondestin Florvil Hyppolite


Naissance: 2 mars 1828 au Cap-Haitien
♦ Président du 9 Octobre 1889 – 24 Mars 1896
Décès: 24 mars 1896 à Port-au-Prince

Chef d’un gouvernement provisoire crée après le départ de François Légitime, il s’est vu confier, le 9 octobre 1889, la présidence par l’Assemblée constituante qui venait juste de rédiger la nouvelle constitution. Son gouvernement dura un peu moins de sept ans, et prit fin avec sa mort survenue à la sortie sud de la capitale. Il se rendait alors à Jacmel où il devrait affronter des insurgés à la solde du sadique commandant militaire de la ville, Joanis Mérisier (Voir :Tentative d’un glossaire : Colonne de rasoirs).Pendant son administration, il accorda une attention soutenue aux travaux publics. Il acheva ainsi le palais des ministères, construisit plusieurs pont dont celui jeté sur la Rivière Grise près de la Croix des Missions, érigea les marchés en fer du Cap-Haïtien et de Port-au-Prince (ce dernier fut gravement endommagé le 12 janvier 2010 et reconstruit un an après). Il dut également se pencher sur les problèmes épineux liés à la diplomatie (désir des américains d’annexer le Môle Saint Nicolas; la délimitation de la frontière haitiano-dominicaine).

18.- Tiresias Simon Sam


Naissance: 15 mai 1835 à la Grande Rivière du Nord
♦ Président du 31 Mars 1896 – 12 Mai 1902
Décès: 1916 (en exil)

Élu une semaine environ après le décès inopiné de Louis Mondestin Hyppolite pour un mandat de six ans, Tirésias Simon Sam, un natif de la Grande Rivière du Nord, ne fut pas un ces généraux accédant au pouvoir à la faveur d’un insurrection triomphante. Ministre du gouvernement de son prédécesseur et président provisoire pendant la période de deuil, il avait une bonne connaissance d’Haïti et des affaires de l’État. Et essaya de gouverner avec un projet qui privilégiait l’éducation et le transport. Malheureusement, pour financer son projet il dut emprunter des sommes exorbitantes aux conditions onéreuses, ce qui plongea le pays dans une crise financière aiguë.

Sur le plan de la diplomatie, il dut faire face à de sérieux défis venant de qu elques puissances de l’époque dont l’Allemagne avec l’Affaire Luders.

A deux jours de la fin de son mandat, il tomba victime comme la majorité de ses prédécesseurs d’une émeute populaire venant du Nord et fut chassé du pouvoir. Son départ donna lieu à une guerre civile où se manifestaient les velléités les plus morbides de la gent politicienne de ce début du 20ème siècle.

19.- Nord Alexis


Naissance: 2 août 1820 au Cap-Haitien
♦ Président du 21 Décembre 1902 – 2 Décembre 1908
♦ Décès: 1er mai 1910 à Kingston Jamaique

Militaire venant du Nord et sous le poids des ans, Nord Alexis succéda au général Tirésias Simon Sam, après des mois de turb ulence politique et de guerre civile. Les vaincus, tel Anténor Firmin n’ont jamais pu s e relever de leur défaite et fut obligé de subir les affres de l’exil.Acclamé Chef suprême de la nation le 21 décembre 1902, le général forma un gouvernement qui réunissait aussi bien des intellectuels que des militaires cupides. Trois grands évènements marquèrent son administration.

    • Le retentissant procès de la consolidation durant lequel furent ét alés au grand jour la corruption et les combinaisons louches auxquelles s’adonnai ent certains membres du gouvernement de son prédécesseur.
    • La célébration grandiose du centenaire de l’indépe ndance malgré les voix qui dénoncèrent une telle démarche.
    • Le meurtre révoltant sous forme de condamnation à mort pour crimes politiques de la plupart de ses opposants dont le poète Massillon Coicou.

Le vieux président, à deux semaines du sixième anniversai re de sa présidence, allongea la liste des chefs d’état Haïtiens qui dur ent prendre le chemin de l’exil pour faire place à un frère d’arme qui dé cida alors de s’accaparer du pouvoir par la force des armes.

♦ Sobriquet: Tonton Nò.

20.- Francois Antoine Simon


Naissance: 10 octobre 1843 aux Cayes
♦ Président du 17 Décembre 1908 – 2 Août 1911
♦ Décès: 10 janvier 1923 aux Cayes

Délégué du département, Antoine Simon resta pendant longtemps en dehors des effervescences politiques qui marquèrent la fin de 19è siècle et les deux premières années du 20è siècle. Considéré avec suspicion par le président Nord Alexis, il finit par prendre les armes contre son gouvernement et précipita ainsi sa chute. Le 17 décembre 1908, l’Assemblée nationale fit de lui le président d’Haïti. Il avait auparavant reçu les vivats de la population de Port-au-Prince à son entrée à la capitale, et exercé la fonction de président provisoire (7 décembre 1908).

Le gouvernement d’Antoine composé d’éminentes personnalités, mo ntra un grand intérêt dans notre système de transportation et essaya de créer un réseau de chemin de fer. Le débuts de ce grand projet permirent une communication rapide entre la capitale et la ville de Léogâne.

Sous son gouvernement, la Banque nationale devint une entité gouvernementale chargée de la trésorerie. Malheureusement les emprunts contractés pour consolider les nombreuses dettes héritées de ses prédécesseurs et financer ses projets poussa le pays au bord de la faillite et firent bien de mécontents.

Une insurrection éclatée à Ouanaminthe suivie par une reprise intense des activités des Cacos dans plusieurs points de la région septentrionale mit fin à sa présidence.

Le 3 août 1911, il s’embarqua, comme son prédécesseurs, trois ans auparavant, pour la Jamaïque.

  • Relations extérieures et instruction publique: M. Murat Claude
  • Guerre et marine: Gen. Septimus Marius
  • Intérieur et police: M. Jérémie
  • Finance et commerce: M. Candelon Rigaud
  • Justice et cultes: M. J. B. Artaud
  • Travaux publics et Agriculture: Pierre André

21.- Cincinnatus Leconte


Naissance: 29 septembre 1854 à Saint Michel de l’Attalaye
♦ Président d’Haiti du 14 Août 1911 au 8 Août 1912
Décès: 8 Août 1912 à Port-au-Prince (Dans l’explosion du palais)

Michel Cincinnatus Leconte arriva au pouvoir après avoir pris la tête d’une insurrection fomentée à Ferrier (Département du Nord-Est). L’insurrection ayant réussie, Antoine Simon abandonna le pouvoir et prit le chemin de l’exil.

Arrivé à la capitale à la tête de son armée d’insurgés, il se fit proclamer président d’Haiti le 14 août 1911. Douce revanche d’un ancien consolidard à qui on avait refusé la présidence en 1902 suite aux protestations des habitants de Port-au-Prince!

Premier chef d’une série de gouvernements éphémères précédant immédiatement l’occupation américaine et dont l’administration dura moins d’un an, il essuya, comme ce fut le cas de certains de ses prédécesseurs et des ses successeurs les pressions des américains. des banquiers allemands et autres d’intérêts internationaux cherchant à assurer un certain contrôle sur les finances de la République.

Leconte essaya tout d’abord d’apaiser la grogne de l’élite politique qui dénonçait la corruption ronge régime précédent et qui avait en partie conduit à sa perte. Il essay d’imposer un certain ordre dans l’administration et révisa les projets grandioses d’Antoine Simon dont le projet du chemin de fer. Il entama une certaine réorganisation de l’armée et mit sur pied un système éducatif public qui commençait à porter des fruits quand il fut tué dans l’explosion de son palais le 8 août 1912.

Avec lui, périrent Maurice Laroche, son petit-fils par alliance, âgé de 4 ans, Emmanuel Laroche, un membre de la famille présidentielle et quelques 200 soldats. Les restes de la famille présidentielles furent recueillis et exposés d’abord au Bureau de la Place et ensuite à la cathédrale.

22.- Jean Antoine Tancrède Auguste


Naissance: 16 mars 1856 au Cap-Haitien
♦ Président d’Haiti du 8 Août 1912 au 2 Mai 1913
Décès 2 mai 1913 à Port-au-Prince

Quelques heures après l’explosion du Palais National où le Président Cincinnatus Leconte trouva la mort, l’Assemblée Nationale le remplaça par le Général Jean Antoine Tancrède Auguste.

Grand propriétaire terrien et grand commerçant, Tancrède Auguste fut plusieurs fois ministre de l’Intérieur et de la Police sous le gouvernements de Florvil Hyppolite et de Tiresias Simon Sam. Condamné aux travaux à l’issue du procès de la consolidation sous le gouvernement de Nord Alexis, il bénéficia, par la suite d’une amnistie.

Il fut l’un des rare présidents haïtiens à mourir au pouvoir. En effet, après quelques jours de maladie, il mourut le 2 Mai 1913 dans la nuit.

23.- Michel Oreste


Naissance: 8 avril 1859 à Jacmel
♦ Président d’Haiti du 4 mai 1913 au 27 janvier 1914
Décès: 29 octobre 1918 à New York

Michel Oreste Lafontant, dit Michel-Oreste devint le 4 mai 1913, le 23è chef d’État haïtien remplaçant Tancrède Auguste décédé deux jours plus tôt.

Éminent juriste et sénateur de la République, il n’avait pas compri s que pour se maintenir au pouvoir au début de cette deuxième décennie du 20è siècle, il fallait d’abord assurer sinon une loyauté du moins une certaine soumission des forces qui engendrèrent les « révolutionnaires » aux velléités présidentielles. Les Cacos, à l’époque, faisaient partie de cette catégorie et faisaient payer leur soumission ou leur aide au prix fort.

Ses deux prédécesseurs s’étaient pliés à leurs conditions , mais Michel Oreste, le premier civil à occuper la fonction de chef d’État depuis l’indépendance, refusèrent de suivre leur exemple.

Le groupe de paysans convertis alors en « tombeurs de gouvernement » mirent fin à leur inactivité et prirent le contrôle du Nord et de quelques villes de l’Artibonite. Michel Oreste, en apprenant la nouvelle remit sa démission et partit pour l’exil, après seulement neuf mois au pouvoir.

24.- Emmanuel Oreste Zamor


Naissance: 1861 à Hinche
♦ Président d’Haiti du 8 février 1914 au 27 octobre 1914
Décès: 27 juillet 1915 (Assassiné au pénitencier national)

Le général Emmanuel Oreste Zamor, en route pour la capitale pour s’accaparer de la présidence, fut proclamé le 2 février chef du pouvoir exécutif par les généraux de son armée révolutionnaire. Arrivé à Port-au-Prince le 7 février, il fut immédiatement élu par les législateurs après avoir pris d’assaut le Parlement. Son opposant, Davilmar Théodore, ne déposa pourtant pas les armes après son élection. Il trouva même un allié dans la personne du populaire docteur Rosalvo Bobo.

La rébellion prit une proportion telle que le président Zamor, prit lui-même la tête des troupes pour se rendre dans le Nord en vue de la mater. Il dut cependant battre en retraite, et de Gonaïves abandonna ses troupes, s’embarqua sur un navire et prit le chemin de l’exil. Davilmar Théodore le remplaça.

Au départ de celui-ci, il retourna au pays et fut immédiatement arrêté par les sbires de Vilbrun Guillaume Sam et, enfermé au Pénitencier national, il fut assassiné.

25.- Davilmar Théodore


Naissance: 1847 à Fort Liberté
♦ Président d’Haiti du 7 novembre 1914 au 26 février 1915
Décès: 13 janvier 1917 (assassinat)

Le général Oreste Zamor ne représentait q’une branche de l’insurrection qui avait emporté Michele Oreste. Ce dernier avait eu la chance d’atteindre Port-au-Prince où siégeait l’Assemblée nationale le premier.

Le chef de l’autre branche, Davilmar Théodore, n’avait pas ordonné à ses partisans de déposer les armes. Il continua sa marche vers la capitale dans le but de renverser celui qu’il assimilait à un usurpateur.

Oreste Zamor vaincu et prenchemin de l’exil, l’Assemblée nationale officialisa la victoire de Davilmar Théodore en lui remettant, le 7 novembre 1914, la présidence pour une période sept ans.

Deux mois après cette nomination, le nouveau président dut admettre son impuissance à freiner Vilbrun Guillaume Samqui s’était proclamer dès le 19 janvier 1915, chef du Pouvoir Exécutif au Cap-Haitien. Il démissionna le 26 février 1915.

♦ Sobriquet: Papa Da.

26.- Vilbrun Guillaume Sam


Photo de Vilbrun Guillaume SamNaissance: 4 mars 1859 à Ouanaminthe
♦ Président d’Haiti du 9 Mars 1915 au 27 Juillet 1915
Décès: 28 juillet 1915 à Port-au-Prince (Assassinat)

A la tête d’une armée de quelques trois milles hommes, le général Vilbrun Guillaume Sam entra à Port-au-Prince le lendemain de la démission de Davilmar Théodore et se fit élire président par l’Assemblée nationale le 4 Mars 1915. Sa prestation de serment eut lieu cinq jours plus tard.

Voulant éradiquer, par tous les moyens, ses présumés adversaires, il finit par susciter le dégoût de la population qui se souleva contre ses abus de pouvoir et ceux de son chef de police, Charles Oscar. Une insurrection dans le Nord par ses propres officiers et la proclamation d’un Pouvoir Exécutif au Cap-Haïtien dirigé par Rosalvo Bobo poussèrent ses adversaires vivant à Port-au-Prince à se lancer dans des actions audacieuses.

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1915, certains réfugiés laissèrent les légations qui les avaient accueillis, et aidés d’une partie des troupe attaquèrent le palais national. Le président blessé se réfugia à la Légation française. Entre-temps son commandant d’arrondissement, le général Charles oscar, procéda au massacre de tous les prisonniers politiques. À la nouvelle du massacre, les habitants de Port-au-Prince se lancèrent à la poursuite du président et du commandant d’arrondissement qu’ils dénichèrent de la légation française et les tuèrent.

Le lendemain, 28 Juillet, les marines Américains débarquèrent, et ce fut le début d’une occupation qui dura 19 ans (1915-1934).

27.- Philippe Sudre Dartiguenave


Photo de sudre DartiguenaveNaissance: 6 avril 1862 à l’Anse-à-Veau
♦ Président d’Haiti du 12 Août 1915 au 15 Mai 1922
Décès: 8 juillet 1926 à Anse à Veau

Président du Sénat au moment du débarquement américain, ses collègues forcés par l’occupant, à travers un semblant d’élections, firent de lui le président d’Haïti.

“Les sept années du gouvernement de Dartiguenave s’achevaient sur un constat d’échec et de déception. Le seul avantage retiré de l’occupation était la paix publique et la stabilité des institutions, mais cela fut acquis au prix d’une longue guerrilla qui fit sans doute plus de victimes que n’en firent les incessantes révolutions et prises d’armes du début du 20è siècle qui servirent de pretexte à l’intervention américaine.”

Source: Blancpain, François. Haiti et les Etats-Unis. p. 152.

28.- Antoine François Joseph Louis Borno


Photo de Louis BornoNaissance: 29 septembre 1860 à Port-au-Prince
♦ Président du 15 Mai 1922 au 15 Mai 1930
Décès: 30 juillet 1942 à Pétion-Ville

Fils d’Eugène Borno et de Elizabeth Lelia Baude, Louis Borno (officiellement baptisé Antoine Eustache Joseph Louis) naquit à Port-au-Prince le 20 septembre 1865. Il paracheva ses études classiques au Collège Saint Martial avant de se rendre à Paris ou il étudia le droit.

A son retour en 1890, il enseigna le droit qu’il abandonna peu après pour se lancer dans la politique. Il représenta Haïti en République Dominicaine de 1899 à 1908. Nord Alexis, aux derniers mois de son gouvernement, lui confia les rênes de la diplomatie faisant de lui son ministre des Relations Extérieures et des Cultes. Il occupa la même fonction sous les gouvernements de Davilmar Théodore qui lui confia également la Justice, et sous le gouvernement de Sudre Dartiguenave qui ajouta l’Instruction Publique à son portefeuille. A ce titre, il apposa sa signature au bas de la Convention de 1915 (…suite)

29.- Louis Eugène Roy


Photo de Louis E. RoyNaissance: 1861
♦ Président du 15 Mai 1930 au 18 Novembre 1930
Décès: 27 octobre 1939 à Port-au-Prince

Choisi le 14 mai par le Conseil d’État qui, durant presque toute la période de l’occupation américaine, faisait office de corps législatif, Eugène Roy devint un président provisoire avec un mandat bien spécifique, celui d’organiser les élections législatives et ainsi reconstituer les chambres législatives renvoyées par l’occupant.

Le président Roy reçut l’investiture le 15 mai 1930. Il s’acquitta de sa tache. Son gouvernement s’effaça à l’investiture de son successeur, Sténio Vincent, le 18 novembre de la même année, les élections législatives ayant eu lieu le 14 octobre.

l expira à Port-au-Prince le 27 octobre 1939 et eut droit à des funérailles nationales le dimanche 29 octobre.

30.- Sténio Vincent


Photo de Sténio VincentNaissance: 22 février 1874
♦ Président du 18 novembre 1930 au 15 Mai 1941
Décès: 3 septembre 1959 à Pétion-Ville

Membre de l’élite intellectuelle d’Haiti, Sténio Vincent qui vit le jour à Port-au-Prince le 22 février 1874, fut un avocat de profession.

Détenteur d’un curriculum vitae plutôt long, il possédait des compétences qui faisaient de lui un présidentiable pour l’époque. Avant son élection il fut:

    • Président du Barreau de Port-au-Prince;
    • Éditeur de « Haiti Journal », un quotidien qui publiait des éditoriaux dénonçant l’occupation américaine;
    • Ancien diplomate à Paris et Berlin;
    • Ancien président du Sénat de la République, ancien ministre de l’Intérieur;
    • Ancien maire de Port-au-Prince.

Pour accéder à la président, il mena une campagne populiste en s’appuyant sur l’impopularité de l’occupation américaine, mais une fois élu, et les Américains virtuellement partis, il adopta une attitude dictatoriale. Il publia une constitution (1932) qui lui donna de larges pouvoirs lors de la révision en 1935.

Abandonnant la présidence en 1941, il choisit lui-même son successeur en la personne d’Élie Lescot.

31.- Elie Lescot


Phot de Elie LescotNaissance: 3 décembre 1889
♦ Président du 15 mai 1941 au 11 janvier 1946
Décès: 20 octobre 1974 à Laboule

Deuxième président de la période de l’après-occupation, Elie Lescot, un mulâtre et membre de la classe aisée d’Haiti, naquit à Saint Louis du Nord le 3 décembre 1889. Succédant à son ami Sténio Vincent, il dirigea le pays avec une main de fer en réduisant au silence tous ceux qui osaient s’opposer à ses actions. Les lois martiales, les attaques répétées contre la presse semblaient être les réponses automatisées aux revendications et interpellations.

Le népotisme fut également une marque de son gouvernement. Il ferma les yeux sur les actions corruptrices de ses deux fils, son ministre des affaires étrangères Gérard Lescot et le lieutenant Roger Lescot. Il ne fut pas lui-même immune de la corruption. On rapporta que son ami, le dictateur dominicain Rafael Leonidas, le retira du pétrin lors d’une affaire d’armes. (Cf. “Elie Lescot dies; Leader in Haiti” New York Times : Oct. 23, 1974. p. 48). Alors que sa famille accumulait des richesses, le paysan haïtien s’enfonçait dans la misère.

A la fin de l’année 1945, il devint si impopulaire, perdant même la confiance et le support de sa classe, et, affrontant une revendication populaire sans précédent, il se laissa convaincre par l’armée de tirer sa révérence et de prendre le chemin de l’exil. Un triumvirat composé de membres l’état-major de l’armée le remplaça immédiatement.

Revenu en Haiti à la fin de sa vie, il vécut dans sa résidence de Laboule où il rendit l’âme le 20 octobre 1974.

32.- Léon Dumarsais Estimé


Photo de Dumarsais EstiméNaissance: 21 avril 1900 à Verretes
♦ Président du 16 août 1946 au 10 mai 1950
Décès: 19 juillet 1953 à New York

Dirigeant Haïti à titre de Président de la République suite aux élections indirectes du 16 août 1946, Dumarsais Estimé qui succéda à un gouvernement militaire fut très impopulaire au début de sa présidence. Il adopta pourtant des mesures sociales très bien accueillies par le peuple qui apprit à mieux le connaitre et ainsi mieux l’apprécier.Son mandat aurait dû prendre fin, d’après la Constitution de novembre 1946 le 15 mai 1952 (Titre XI, article A) et il ne pouvait se succéder à lui-même (Article 81). Pour contourner cet obstacle, il essaya, en 1949, de faire réviser la Constitution. Les sénateurs rebiffèrent, ce qui créa une apparence de crise politique et donnèrent une raison aux militaires d’intervenir à nouveau dans la politique et de prendre le pouvoir avec le même triumvirat de 1946.

Estimé, accompagné de sa famille, prit le chemin de l’exil et s’établit finalement à New York où il rendit l’âme le 20 juillet 1953. Entretemps, Paul Eugène, l’homme fort du triumvirat se fit élire président. Il lui fit, malgré les objections de sa veuve, des funérailles nationales.

33.- Paul Eugène Magloire


Photo de Paul E. MagloireNaissance: 17 juillet 1907
♦ Président du 6 décembre 1950 – 6 décembre 1956
Décès: 12 jullet 2001 à Port-au-Prince

Paul Eugène Magloire, 30ème président d’Haiti et 33ème chef d’état (les gouvernements militaires éphémères on été exclus du comptage) naquit le 19 Juillet 1907 à Quartier-Morin, commune du Cap-Haitien, dans le Département du Nord. Fils du général Eugène Magloire et de son épouse née Philomène Matthieu, le jeune Paul fit ses études secondaires classiques au Lycée Philippe Guerrier du Cap-Haitien…

♦ Sobriquet: Kanson Fè.

34.- Joseph Nemours Pierre-Louis


Naissance: 24 octobre 1900 au Cap-Haitien
♦ Président provisoire du 12 décembre 1956 – 3 février 1957
Décès: 1966

Président de la Cour de cassation devenu en vertu de l’article 81 de la Constitution de 1950, chef provisoire du pouvoir exécutif, Nemours Pierre n’eut cependant pas le temps de remplir sa mission, celle d’organiser les élections présidentielles. Il avait pourtant immédiatement après son investiture convoqué les assemblées. Il fut emporté par les luttes de chapelle encouragées alors par la hiérarchie militaires.

35.- Franck Sylvain


Naissance: 3 août 1909 à Grand-Goâve
♦ Président provisoire du 7 Février 1957 – 2 Avril 1957
Décès: 3 janvier 1987 à Port-au-Prince

Le 7 février 1957, Franck Sylvain, élu par l’Assemblée nationale, remplaça Joseph Nemours Pierre-Louis accusé de perpé tuer le régime de Paul Magloire. Il avait pour mission d’organiser des élection s générales. Il fut toutefois renvoyé avant de parvenir à cette fin.

36.- Daniel Fignolé


Naissance: 1913 à Pestel
♦ Président provisoire du 25mai 1957 au 14 juin 1957
Décès: 27 août 1986 à Port-au-Prince

Candidat à la présidence en 1957, Daniel Fignolé, un dirigeant syndical, ancien ministre sous le gouvernement de Dumarsais Estimé et professeur de mathématiques, devint le président provisoire d’Haiti, à la suite d’un compromis entre l’armée et autres candidats. Dix-neuf jours plus tard, le général Antonio Kebreau, pour aider Duvalier en le débarrassant de son concurrent le plus puissant, mit abruptement fin à sa présidence et l’exila.

Dr Duvalier fut élu lors des élections du 22 septembre. Des milliers de partisans de Fignolé ont été systématiquement persécutés sous son gouvernement.

Après 29 ans d’exil, Fignolé revint en Haiti pour rendre son dernier souffle le 27 août 1986.

37.- François Duvalier


Naissance: 14 avril 1907 à Port-au-Prince
♦ Président du 22 octobre 1957 au 21 avril 1971
Décès: 21 avril 1971 à Port-au-Prince

François Duvalier, président d’Haiti du 22 Octobre 1957 au 21 Avril 1971, naquit le 14 Avril 1907 à Port-au-Prince, non loin du palais présidentiel de Nord Alexis. Un lieu de naissance et de résidence qui lui permit de vivre de très près les événements quelquefois sanglants marquant l’histoire d’Haiti durant les premières décades du XXè siècle…

♦ Sobriquet: Papa Doc.

38.- Jean-Claude Duvalier


Naissance: 3 juillet 1952 à Port-au-Prince
♦ Président du 22 avril 1971 au 7 février 1986
Décès: 4 octobre 2014 à Port-au-Prince

Jean-Claude, l’unique garçon et le benjamin des enfants du Docteur François Duvalier et de son épouse Simone Ovide [†26 Décembre 1997] , fut le président d’Haiti du 22 Avril 1971 aux premières heures du 7 Février 1986

♦ Sobriquet: Baby Doc.

39.- Leslie F. Manigat


Naissance: 16 août 1930 à Port-au-Prince
♦ Président du 7 février 1988 au 20 juin 1988
Décès: 27 juin à Pétion-Ville

39ème président d’Haiti et le premier de l’ère post-duvaliérienne issu d’une élection, quoique contestée par la majorité des groupements politiques d’alors, François Leslie Manigat, fils de François Saint-Surin Manigat, un professeur de mathématiques dans les classes d’enseignement secondaire et de Haydée Augustin, une institutrice, est né le 16 Août 1930 à Port-au-Prince

40.- Henri Namphy


♦ Naissance: 2 novembre 1932 à la Grande-Rivière du Nord
♦ Président provisoire du 20 juin au 18 septembre 1988

Namphy avait été auparavant Chef d’une junte militaro-civile, dénommée Conseil National de Gouvernement (CNG).

41.- Prosper Avril


Naissance: 12 décembre 1937 à Thomazeau
♦ Président provisoire du 18 septembre 1988 au 10 mars 1990

Devenu président provisoire d’Haïti à la suite de l’issue d’un conflit entre la base et les hauts échelons de l’armée, Prosper Avril, un militaire de carrière, ancien membre de la première version du Conseil National de gouvernement de 1986, remplaça le général Henri Namphy dont le gouvernement militaire multipliait les exactions pour effrayer les critiques

Près de sept mois après avoir pris les rênes du pouvoir exécutif, il devint lui-même la cible de ses frères d’armes qui tentèrent un coup le dans le 2 avril 1990.

Son gouvernement qui ne fut pas tendre envers les critiques s’effondre le 10 mars 1990 sous la pression des mouvements populaires.

42.- Ertha Pascal-Trouillot


Naissance: 13 août 1943 à Pétion-Ville
♦ Présidente provisoire du 14 mars 1990 au 7 Février 1991

Présidente provisoire d’Haiti du 14 Mars 1990 au matin du 7 Février 1991, Mme Ertha Pascal-Trouillot fut la première femme Haitienne à assumer les rênes du pouvoir exécutif en Haiti

43.- Jean Bertrand Aristide


Naissance: 15 juillet 1953 à Port-Salut
♦ Président du 7 février 1991 au 31 septembre 1991; du 12 octobre 1994 au 7 février 1996

Premier président d’Haiti à être élu démocratiquement, Jean Bertrand Aristide fut, toutefois, victime d’un coup d’état le 30 Septembre 1991. Il passa trois ans en exil, et revint au pays le 15 Octobre 1994 pour finir son mandat. Il sera ré-élu cinq ans plus tard, pour se voir à nouveau expulser du pays à la suite d’une insurrection

♦ Sobriquet: Titid; Tipè.

44.- Joseph Nérette


Naissance: 9 avril 1924 à Port-au-Prince
♦ Président provisoire du 8 octobre 1991 – 19 juin 1992
Décès: 20 avril 2007

Juge de la Cour de cassation Joseph Nérette fut désigné pour succéder au président Jean-Bertrand Aristide, victime d’un coup d’état, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1991.

Les militaires putschistes alors lui affublèrent un premier ministre de facto dans la personne de Jean-Jacques Honorat, un juriste et activiste des droits humains pour donner l’impression qu’un gouvernement civil avait la relève. Condamné internationalement, le gouvernement Nérette-Honorat échoua pitoyablement, et les putschistes se virent obligé de les renvoyer.

L’ancien juge et président se fit alors extrêmement discret jusqu’a sa mort (20 avril 2007).

45.- Emile Jonassaint


Naissance: 13 mai 1913 à Port-de-Paix
♦ Président provisoire du 11 mai 1994 – 12 octobre 1994
Décès: 24 octobre 1995 à Port-au-Prince

Émile Jonassaint fut le juriste choisi le 11 mai 1994 par un parlement à la solde des auteurs du coup d’état du 30 septembre 1991 comme chef de l’exécutif. Le président Aristide se retrouvait alors en exil aux États-Unis.

Ce fut la troisième tentative des militaires de combler le vide au niveau de l’exécutif. La première a été faite avec le tandem Joseph Nérette (président) et Jean-Jacques Honorat (premier ministre). Une deuxième expérience fut alors tentée avec Marc L. Bazin. Premier ministre, ce dernier dirigea un gouvernement monocéphale du 19 Juin 1992 au 8 Juin 1993

46.- René Gracia Préval


Naissance: 17 janvier 1943 à Marmelade
♦ Président du 7 février 1996 au 7 février 2001
Décès: 3 mars 2017 à Laboule (Dépt de l’Ouest)

Fils d’un ancien ministre haïtien qui prit le chemin de l’exil en 1963 quand il devint plus qu’évident que François Duvalier qui avait été élu en 1957 s’accaparait définitivement du pouvoir, après une massive fraude électorale [voir: 30 Avril 1961], René Préval naquit à Marmelade (département de l’Artibonite), le 17 janvier 1943.

♦ Sobriquet: Ti René.

47.- Jean Bertrand Aristide


Naissance: 15 juillet 1953 à Port-Salut
♦ Président du 7 février 2001 au 29 février 2004

Après donc une intense campagne de dénigrement relayée par la presse internationale, le président Aristide, qui avait suscité d’immenses espoirs en 1990, parmi les pauvres et ceux snobés par les classes politiques, mais qui n’avait jamais été accepté vraiment par les détenteurs du pouvoir économique, de certains membres du haut clergé et de l’élite politique qui ont d’ailleurs tout fait pour saper ses gouvernements, aurait donc été forcé de démissionner et quitter Haiti au matin du 29 Février 2004. Avec cette fin de gouvernement, les Haïtiens du bas échelon social perdraient probablement à jamais leur chance de participation à la vie politique de leur pays, comme citoyens à part entière…

♦ Sobriquet: Titid; Tipè.

48.- Alexandre Boniface


Naissance: 31 juillet 1936 à Ganthier
♦ Président provisoire du 29 février 2004 au 14 mai 2006>

Président provisoire du 29 février, le jour de son investiture et quelques heures après le départ précipité de Jean-Bertrand Aristide, Alexandre Boniface, avocat de profession, naquit le 31 juillet 1936.

Avocat au cabinet Lamarre de 1963 à 1991, année où il fut nommé à la Cour de Cassation, Boniface embrassa parallèlement la carrière de professeur en s’intégrant aux membres de la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Port-au-prince et de l’École de la Magistrature. Il devint président de la Cour de Cassation en 2001.

Nommé président provisoire en vertu de l’article 149 de la Constitution de 1987, le Conseil des Sages sous les ordres des Etats-Unis, du Canada et de la France, lui imposa Gérard Latortue, l’éphémère ministre des affaires étrangères sous le gouvernement de François Leslie Manigat, comme premier ministre.

49.- René Garcia Préval


Naissance: 17 janvier 1943 à Marmelade
♦ Président du 14 mai 2006 au 14 mai 2011
Décès: 3 mars 2017 à Laboule (Dépt de l’Ouest)

Élu le 7 février 2006 lors d’une élection financée et gérée par la communauté internationale, René Ga rcia Préval revint donc au pouvoir devenant ainsi le seul à terminer son premier man dat sans trop de heurts et à être réélu après l’éclipse constitutionnel (Constitution de 1987, Article 149.1

Durant cette nouvelle présidence, il a connu trois chefs de gouvernement : Jacques Edouard Alexis (juin 2006-avril 2008), Michèle Duvivier Pierre-Louis (septembre 2008 – novembre 20 09) et Jean-Max Bellerive (nov. 2009 – mai 2011). Il a terminé son second mandat et passé l’écharpe à son successeur. Le 14 mai 2011.

Son gouvernement sera surtout marqué par la catastrophe du 12 janvier 2010 où il a montré un manque total de leadership le lendemain et durant les opérations de secours. Sa velléité de faire de son poulain, Jude Célestin, son successeur se solda par un échec lors des élections de novembre 2010.

♦ Sobriquet: Ti René

50.- Joseph Michel Martelly


Naissance: 12 février 1961 à Port-au-Prince
♦ Élu le 20 mars 2011.
♦ Président du 14 mai 2011 au dimanche 7 février 2016

Élu lors du second tour des élections présidentielles 2010-2011, le 20 mars 2011, Joseph Michel Martelly laissa le pouvoir le 7 février selon les prescrits de la Constitution de 1987 amendée, sans pourtant avoir passé l’écharpe présidentielle à un président élu.

♦ Sobriquets: Sweet Micky; Tèt Kale

51.- Jocelerme Privert


Naissance: 1er février 1954 à Petit Trou de Nippes
♦ Président provisoire du 14 février 2016 au 7 février 2017

Élu Président provisoire à l’issue du second tour d’un scrutin indirect (le premier depuis août 1946) déroulé dans la nuit du 13 au février au parlement, Jocelerme Privert, alors président du Sénat et signataire en tant que tel de l’Accord politique pour la continuité institutionnelle à la fin du mandat du Président de la République en l’absence d’un président élu et pour la poursuite du processus électoral entamé en 2015, remplaça ainsi Joseph Michel Martelly qui avait laissé le pouvoir une semaine plus tôt sans passer l’écharpe à un président élu.

Lors du second tour du scrutin, sur les 92 députés présents 64 ont accordé leur vote à Privert alors que 13 sénateurs sur 22 ont fait choix de lui.

Jocelerme Privert avait alors un mandat de 120 jours pour accomplir une tache bien spécifique, celle d’achever le processus électoral, interrompu suite aux contestations de l’opposition qui dénonçait un “coup d’état électoral” fomenté par le CEP à la solde du président Joseph Michel Martelly. Il n’a pas pu cependant achever cette tache dans le délai imparti et resta au pouvoir après le 13 juin 2016. Il a toutefois pu mettre sur pied un nouveau Conseil Électoral provisoire qui a bouclé le marathon électoral entamé en out 2015. Les dernières élections déroulées sur sa présidence eurent lieu le 29 janvier 2017.

Privert laissa le palais national, la tête haute en accomplissant en moins d’une année ce que son prédécesseur n’avait pu faire en trois ans, malgré des tentatives de boycottage venant des deux autres pouvoirs. Le mardi 7 février 2017, il passa l’écharpe à son successeur, Jovenel Moise, élu aux présidentielles du 20 novembre 2016.

52.- Jovenel Moise


Naissance: 26 juin 1968 au Trou du Nord (Département du Nord-Est
♦ Élu le 20 novembre 2016
♦ Président du 7 février 2017

Investi le 7 février 2017 et succédant ainsi à Jocelerme Privert, jusque là président provisoire, Jovenel Moise, un néophyte dans la politique fut élu le 20 novembre 2016 après une crise électorale qui a ralenti la vie politique du pays près de 15 mois. Lors des premières présidentielles d’octobre 2015 (restées sans suite immédiate), il était arrivé en tête du classement et devrait alors affronter au second tour Jude Célestin.

♦ Sobriquet: Nèg bannann

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Date de création: 31 juillet 1999
Dernière mise à jour: 3 mars 2017